— Africa Studio / Shutterstock.com

Il y a de cela quelque temps encore, le hashtag #MeToo se développait sur les réseaux sociaux. Nombreuses furent les personnes à dénoncer des abus ou encore des agressions sexuelles. Ce qui a amené, entre autres, au procès d’Harvey Weinstein. Peu après le tsunami dans le milieu du cinéma, mais aussi de la télévision, c’est au tour du monde du jeu vidéo, des jeux de plateau et même des comics d’être ébranlé par une vague de dénonciations.

Une vague d’accusations chez Ubisoft

Depuis quelques jours, le monde du jeu vidéo est complètement ébranlé. En effet, une vague de tweets dénonce de nombreux abus dans le milieu du développement des jeux vidéo. Ce n’est pas la première fois qu’il est question de discrimination. En décembre de l’année dernière, Riot Games avait été contraint de verser 10 millions de dollars à toutes les femmes qui avaient travaillé dans ses locaux depuis 2014.

Cette fois-ci, tout se passe chez Ubisoft. Les accusations visent plusieurs cadres haut placés, et dénoncent des comportements abusifs, voire à la limite de l’agression. Les dénonciations parlent de commentaires déplacés, mais aussi de faits plus graves. Effectivement, Alexandre Amancio, directeur artistique d’Assassin’s Creed Unity, aurait « léché le visage d’une employé lors d’une fête d’Ubisoft ». De plus, Alexandre Amancio aurait été à deux doigts de frapper une femme alors qu’elle lui disait qu’elle trouvait « dégoûtant de se vanter du nombre de barmaids du Warvely avec qui il avait couché ». Il aurait « également harcelé de nombreuses femmes à Ubi qui travaillaient pour lui ».

D’autres accusations de harcèlement sont portées sur Maxime Beland et Tommy François. Tous deux vice-présidents chez Ubisoft et mis à pied. Pour le moment, ce ne sont que des accusations et Ubisoft lance une enquête interne sur ces déclarations. De plus, le directeur créatif d’Assassin’s Creed Valhalla, Ashraf Ismail, quitte son poste après des allégations sur des relations extraconjugales avec de jeunes fans.

Des accusations sur des streamers Twitch

Les studios de jeu vidéo ne sont pas les seuls à être sous les projecteurs. En effet, certains streamers sont aussi accusés d’abus sexuels. Kotaku dénombre pas moins de 50 accusations. Parmi eux, deux joueurs connus sur Twitch. Tom « Syndicate » Cassell aurait forcé deux femmes à avoir une relation sexuelle avec lui, alors qu’il était en couple avec elles. Cassell nie radicalement ces accusations. Quant à Lono aka « SayNoToRage », il est accusé « d’inconduite sexuelle ». Il a tout de même présenté ses excuses dans une vidéo YouTube (vidéo aujourd’hui supprimée) dans laquelle il qualifie certains de ses propos d’inacceptables, mais en conteste d’autres. Twitch annonce dans un communiqué ouvrir aussi des enquêtes « sur les récentes allégations d’abus et de harcèlement sexuels impliquant des streamers Twitch » et indiquer les mesures qu’ils prendront.

Le monde des comics secoué

Il s’agit ici d’accusations envers Cameron Stewart. En effet, l‘auteur de Batgirl aurait proposé d’avoir des relations sexuelles et/ou amoureuses à de jeunes adolescentes souhaitant travailler dans l’industrie du comics. Warren Ellis (scénariste pour de nombreux comics) aurait eu un comportement similaire. « Je me suis excusé, je m’excuse et je continuerai de m’excuser et d’assumer l’entière responsabilité de mes actions sans équivoque », a déclaré Ellis. Mais peu de temps après, DC Comics dit retirer la nouvelle de Warren Ellis dans Dark Nights : Death Metal – Legends of the Dark Knights # 1 (attendu pour le 4 août).

D’autres accusations se font entendre. L’auteur de Spider-Gwen, Jason Latour, aurait eu un comportement de harceleur, et aurait agressé une jeune femme. En peu de temps, la jeune femme harcelée a reçu de nombreux soutiens. Même certaines personnes ont confirmé ses dires. Brendan Wright (ancien rédacteur en chef de Dark Horse) est aussi accusé de harcèlement sexuel et Scott Allie (rédacteur chez Dark Horse) d’agression sexuelle.

Une vague de protestations dans le monde des jeux de société

Cela fait un petit moment qu’une lente vague de protestations gronde dans le milieu des jeux de société. Le mois dernier, nombre de témoignages accusaient Max Temkin, co-créateur de Cards Against Humanity (vendu comme « un jeu de société pour les gens horribles »), de créer un univers « toxique, raciste et sexiste » au travail. De plus, en 2014, Max Temkin avait été accusé d’agression sexuelle. A ce jour, Max Temkin n’est plus affilié au jeu de société, mais nie toute agression sexuelle.

Quelque temps auparavant, ce fut le jeu de cartes Magic : The Gathering qui était sur le devant de la scène. En effet, sept cartes de ce jeu étaient considérées comme racistes. Comme Invoke Prejudice dont l’image lie la carte au Ku Klux Klan. De plus, son URL web se termine par 1488, un signe de ralliement nazi et de suprématie blanche. Ou encore Stone-Throwing Devils, dit anti-islamique, puisque la carte inverse la référence au pèlerinage de La Mecque. Ces sept cartes ont été retirées du jeu. Il en est de même dans le monde de Dungeons et Dragons, puisque le peuple Vistani ne sera plus dans la 5e édition de D&D.

COMMENTEZ

connectez-vous pour commenter
avatar
  S’abonner  
Notifier de