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Le cerveau des calmars rétrécit en raison de l’acidification des océans

Avec un impact profond sur leurs comportements alimentaires

— DiveIvanov / Shutterstock.com

Liée aux concentrations croissantes de CO2 dans l’atmosphère, l’acidification des océans impacte lourdement la vie marine, comme l’illustrent de nouvelles expériences menées sur des calmars.

Une menace bien réelle

Les céphalopodes sont réputés pour leurs remarquables capacités cognitives. Appartenant, comme les seiches et les poulpes, au sous-groupe des coléoïdes, ils possèdent un nombre de neurones similaire à celui d’un chien, faisant d’eux les invertébrés les plus « intelligents » au monde.

Comme de nombreuses autres espèces et écosystèmes marins, qu’il s’agisse de mollusques, de crustacés ou de récifs coralliens, ces créatures fascinantes sont affectées par l’acidification des océans.

Afin de préciser l’impact de ce phénomène sur leur physiologie et leurs comportements, Garette Allen, de l’université canadienne Acadia, et ses collègues ont mené des expériences impliquant deux bassins.

L’eau du premier affichait un pH de 8,2, correspondant à la moyenne actuelle des océans, tandis que celle du second ne dépassait pas 7,8, soit le niveau de pH océanique prévu d’ici 2100 par les modèles climatiques.

Ocean
— Andrei Armiagov / Shutterstock.com

Des changements physiologiques et comportementaux

Au bout de 90 jours, la structure et la taille du cerveau des calmars à grandes nageoires (Sepioteuthis lessoniana) étudiés ont été analysées grâce à un appareil à IRM. En moyenne, les pensionnaires du second bassin présentaient un volume cérébral 49 % plus faible, possiblement lié à des lésions oxydatives.

Les pertes de volume les plus importantes concernaient le système visuel des céphalopodes. Plus précisément, les lobes optiques (52 %) et les voies optiques (62 %), chargés de traiter les informations transmises par la rétine.

« Chez les individus exposés à une acidité élevée dès leur éclosion, nous avons également observé une réduction de 42 % des comportements de chasse », ont expliqué les chercheurs, à l’occasion de la réunion annuelle de la Society for Experimental Biology.

Précédemment, une étude avait révélé que l’acidification des océans atteignait des profondeurs inquiétantes.

Par Yann Contegat, le

Source: Connect Sci

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