Aller au contenu principal

Après la bombe atomique, l’incroyable renaissance d’Hiroshima, devenue symbole de paix

Une résilience remarquable

Le 6 août 1945, la ville d’Hiroshima a été la cible dun bombardement atomique qui a finalement coûté la vie à près de 140 000 personnes. Mais comme le phénix, elle a su renaître de ses cendres et fait aujourd’hui figure de modèle.

Dès l’automne 1945, les mauvaises herbes ont commencé à germer de la terre brûlée, déjouant les prédictions des experts. L’été suivant, les lauriers roses ont fleuri, et les camphriers âgés de plusieurs centaines d’années ont vu leurs branches pousser de nouveau. Ils sont devenus les arbres et arbustes officiels d’Hiroshima, les symboles touchants de la renaissance de la ville.

Au même moment, de l’aide affluait de tout le pays et de l’étranger, et de nouveaux arbres étaient plantés pour remplacer la végétation disparue. La préfecture de Wakayama a même fait don d’une pagode datant du XVIe siècle, en signe de solidarité spirituelle. Un bâtiment traditionnel qui s’élève au milieu des érables du Temple Mitaki, l’un des endroits les plus bucoliques de la ville.

L’étape clef de la renaissance de la ville a eu le 6 août 1949, avec la promulgation d’une loi concernant la reconstruction d’Hiroshima, fruit des efforts conjoints des locaux et de Shinzo Hamai, maire de l’époque. Deux ans plus tôt, à l’occasion du premier Festival de la Paix d’Hiroshima, Hamai avait prononcé un discours fort pour sa ville : « Unissons-nous pour balayer l’horreur de la guerre de cette terre, et construire une paix durable ».

La loi de 1949 ne prévoyait pas seulement la reconstruction de la ville d’Hiroshima, mais comptait aussi la réinventer en tant que cité commémorative « symbolisant la quête d’une paix véritable ». Un idéal que les actuels résidents d’Hiroshima poursuivent encore.

Les ruines du dôme de Genbaku (sur la rive droite)

C’est dans cette démarche que le Peace Memorial Park a été construit dans le centre-ville d’Hiroshima, sur les rives de la rivière Motoyasu. Cette zone couvrant plus de 120 000 m² qui était autrefois le centre économique et résidentiel de la ville, abrite désormais plus de 60 monuments dédiés à la paix, comme le Peace Memorial Museum.

Sur la rive opposée, les ruines du Dôme de Genbaku témoignant de la violence des bombardements atomiques ont été conservées. Officiellement baptisé « Hiroshima Peace Memorial », le lieu est classé au patrimoine mondial de l’Unesco et visité chaque année par près d’un million de personnes.

Le mot « paix » est partout à Hiroshima. Le boulevard de la paix, long de 4 kilomètres et bordé d’arbres et de lanternes en pierre, abrite les Portes de la Paix, des structures de verre hautes de 9 mètres créées par les français Clara Halter et Jean-Michel-Wilmotte, sur lesquelles l’inscription « paix » est retranscrite en 49 langues. Les vélos de location sont appelés les « peace-cycles », et une pagode de la paix a été installée au sommet du Mont Futaba.

Hiroshima est aussi une métropole verte et paisible, parcourue de nombreux canaux et cours d’eau et dotée de nombreux parcs et jardins. « Il faut faire d’Hiroshima un endroit magnifique et agréable à vivre par respect pour les personnes qui ont travaillé si dur à sa reconstruction », estime Maiko Awane, de l’office du tourisme de la préfecture d’Hiroshima.

La ville promeut également la paix dans le monde entier à travers d’innombrables initiatives, allant des expositions itinérantes retraçant le passé d’Hiroshima aux camps de la paix dédiés aux enfants. Tous les trois ans, le Musée d’art contemporain d’Hiroshima décerne un prix aux œuvres qui aident à diffuser ce message de paix dans le monde, et de nombreux concerts « Message of Peace » sont organisés dans ses rues pour rapprocher les gens.

Comme l’explique Hidehiko Yuzaki, gouverneur de la préfecture d’Hiroshima : « nous nous efforçons d’envoyer un message de paix au monde entier, et de créer un système qui soutient en permanence les démarches menées en ce sens ».

Au centre de tous ces efforts, on retrouve le projet « Maires pour la paix ». Créé dans les années 1980 par Takeshi Araki, alors maire d’Hiroshima, il vise à encourager les villes du monde entier à œuvrer ensemble pour la paix et la fin du nucléaire. À l’heure actuelle, 8 584 villes de 166 pays l’ont déjà rejoint.

Chaque année dès l’école primaire, les écoliers d’Hiroshima participent à la semaine de la paix, où ils apprennent le sombre passé de la ville et sont sensibilisés à l’importance de la paix. Durant les vacances d’été, les étudiants se portent volontaires et font visiter le Peace Memorial Park aux touristes étrangers.

Pour Moe Kanazawa, diplômé de l’Université d’Hiroshima travaillant sur les moyens de prévenir les conflits et de trouver une solution grâce à la coopération internationale et locale : « tous les habitants de la préfecture d’Hiroshima savent ce qu’il s’est passé en 1945, afin que ce jour tragique ne se répète pas et ne soit jamais oublié. Lorsque l’on me demande si Hiroshima est un endroit triste où vivre, je réponds toujours que l’image de la reconstruction de la ville est beaucoup plus forte que celle de sa destruction ».

Shinzo Abe et Barack Obama devant le Mémorial de la Paix d’Hiroshima

Les touristes affirment souvent repartir d’Hiroshima avec un profond sentiment de respect et d’admiration pour ses habitants, et aussi être plus empathiques et altruistes. Une belle histoire qui nous prouve que malgré l’horreur, l’être humain est capable de se relever et d’aller de l’avant, afin d’éviter que de telles catastrophes ne se reproduisent.

Pour aller plus loin, découvrez aussi l’histoire touchante de Tsutomu Yamaguchi, seul homme à avoir survécu aux bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki.

Par Yann Contegat, le

Source: BBC

Étiquettes: , ,

Catégories: ,

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *