Le réchauffement climatique, la surpêche et la pollution de l’eau ont eu un effet désastreux sur la Grande Barrière de corail. Selon une nouvelle étude, cette merveille de la nature a perdu au moins la moitié de ses coraux depuis 1995, une catastrophe écologique probablement irréversible.

Une perte de 50 % en seulement 30 ans

Dans une nouvelle étude, les scientifiques affirment que la moitié des coraux de la Grande Barrière de corail en Australie sont morts au cours des 25 dernières années. Ce désastre est notamment le résultat de l’augmentation des températures océaniques qui est causé par le réchauffement climatique. En effet, des températures trop élevées causent un phénomène qui s’appelle le blanchissement des coraux. Normalement, ce phénomène est réversible, mais au fur et à mesure que le changement climatique s’est intensifié, les coraux ont de plus en plus de mal à récupérer.

L’étude, publiée dans le journal Proceedings of the Royal Society, est le résultat de l’évaluation de la santé et de la taille des colonies de coraux du récif corallien entre 1995 et 2017. Les recherches ont été menées par les scientifiques marins de l’ARC Centre of Excellence for Coral Reef Studies. Elle a révélé que si tous les types de coraux étaient concernés par ce déclin, ce sont les espèces de grande taille qui ont été le plus affectées. « Ils sont généralement appauvris de 80 à 90 % par rapport à il y a 25 ans », a déclaré Terry Hughes, auteur principal de l’étude à l’AFP.

— Rich Carey / Shutterstock.com

L’accord de Paris : dernier espoir pour sauver la Grande Barrière de corail

Cette situation est grave dans la mesure où ces coraux constituent une source de nourriture et un refuge pour un grand nombre de poissons et autres créatures marines. Leur disparition continue ainsi d’engendrer un déséquilibre de l’écosystème. L’étude a également révélé qu’une grande partie du déclin a été observée le long des régions du nord et du centre de la Grande Barrière de corail, où un blanchissement massif des coraux s’est produit en 2016 et 2017. La partie sud du récif avait également été exposée à des températures record au début de l’année 2020.

Au total, la Grande Barrière de corail a été affectée par cinq événements de blanchissement de masse causés par le réchauffement climatique entre 1998 et 2017. Outre les effets de la chaleur, les coraux ont également été affectés par l’afflux d’eau douce. « Nous avions l’habitude de penser que la Grande Barrière de corail est protégée par sa taille, mais nos résultats montrent que même le système de récifs le plus grand et relativement bien protégé du monde est de plus en plus compromis et en déclin », a déclaré Terry Hughes. Pour l’instant, les scientifiques continuent d’évaluer l’ampleur des dégâts.

Il est à savoir que la Grande Barrière de corail est le plus grand récif corallien au monde. Il s’étend sur 2 300 kilomètres le long de la côte nord-est de l’Australie et sur une superficie d’environ 350 000 kilomètres carrés. Ce site est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981. Malheureusement, il risque de perdre ce statut si des mesures ne sont pas prises pour que l’augmentation de la température moyenne mondiale soit maintenue à moins de 2 degrés. En effet, si les différents pays arrivent à respecter l’accord de Paris sur le climat, les coraux ont des chances de se régénérer suffisamment pour sauver le site. Dans le cas contraire, Terry Hughes a expliqué que la Grande Barrière de corail serait perdue à jamais si l’élévation des températures atteint 3 ou 4 degrés Celsius.

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