Cette IA surpasse n’importe quel médecin et détecte 99 % des cancers du sein

En plein octobre rose, le mois de sensibilisation au dépistage du cancer du sein féminin, Google publie un rapport plein d’espoirs. En effet, à l’aide de son intelligence artificielle LYNA (Lymph Node Assistant), la firme de Montain View peut détecter la maladie dans 99 % des cas ! Un score impressionnant, meilleur que celui des pathologistes, qui ouvre de nouvelles perspectives pour le dépistage précoce du cancer du sein, cette maladie qui tue encore près de 12 000 femmes chaque année.

 

LE CANCER DU SEIN, FLÉAU POUR LES FEMMES

Le cancer du sein est le cancer féminin le plus répandu, touchant plus de 5 4000 nouvelles personnes chaque année. Aujourd’hui, plus de 3 cancers du sein sur 4 sont guéris. Toutefois, la maladie est encore responsable de près de 12 000 décès par an. En cause, bien souvent, un diagnostic tardif voire raté, du fait de métastases difficiles à repérer.

Pourtant, un diagnostic précoce augmente les chances de guérison. C’est pourquoi Google a entraîné son intelligence artificielle LYNA (Lymph Node Assistant) à détecter les tumeurs, notamment les plus petites que les pathologistes pourraient manquer. Ainsi, LYNA parvient à détecter des métastases dans 99 % des cas, sans faux positifs, même quand les images qui lui sont fournies sont de mauvaise qualité. En effet, les hémorragies ou encore les bulles d’air ne parviennent pas à la tromper !

Pour arriver à un tel résultat, cette IA développée par Google s’appuie sur la technologie du deep learning. C’est-à-dire qu’elle est dotée de réseaux de neurones artificiels qui lui permettent d’apprendre seule, en se basant sur une multitude de données réelles. Ainsi, elle est capable de détecter et même d’anticiper l’apparition de métastases, et ce, dans des temps records.

Unsplash

 

UN TAUX DE RÉUSSITE DE 99 % POUR LYNA

La rapport publié par Google s’appuie sur deux études récentes, réalisées aux États-Unis. La première, disponible sur le site Archives of pathology and laboratory medicine, précise que LYNA a été entraînée sur une base de 270 échantillons de ganglions lymphatiques, puis testée sur 129 autres échantillons. Avec un taux de détection de 99 %, LYNA a fait mieux que les pathologistes, mais surtout, elle l’a fait plus rapidement, en réduisant le nombre de faux négatifs.

Bien sûr, l’intérêt de LYNA dans la détection du cancer du sein n’est pas de remplacer les médecins, mais plutôt de les aider dans leur travail, notamment en améliorant leur efficacité. Un aspect bien plus mis en valeur dans la seconde étude, publiée dans The american journal of surgical pathology. Six pathologistes ont examiné 70 échantillons de ganglions lymphatiques, avec ou sans l’assistance de LYNA pour identifier et délimiter les régions à forte probabilité de contenir une tumeur.

Résultat : les pathologistes assistés par l’IA se sont montrés bien plus efficaces. En effet, ils ont obtenu un taux de réussite de 91 %, contre 83 % pour les pathologistes sans assistance. Et pour examiner une image présentant des micrométastases, ceux aidés par LYNA n’avaient besoin de que 61 secondes en moyenne, contre 116 pour les autres. Quant aux images ne présentant aucun signe de cancer, elles nécessitaient en moyenne 111 secondes avec l’assistance de LYNA, contre 137 secondes sans elle.

Pixabay

 

L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, FUTUR DE LA MÉDECINE ?

Les pathologistes de la seconde étude se sont exprimés sur leur expérience et ont admis que l’examen d’images des micrométastases était significativement plus facile lorsqu’il était interprété avec assistance. Le rapport de Google souligne donc le potentiel de son intelligence artificielle LYNA pour améliorer la précision et l’efficacité des pathologistes. Néanmoins, la firme de Montain View rappelle que ces études ne portent pas encore sur suffisamment de données pour que leurs conclusions soient fermes et définitives.

Ainsi, le rapport indique que, « Pour la sécurité des patients, ces algorithmes doivent être testés avec une multitude de paramètres, [afin que l’on comprenne] leurs forces et faiblesses ». Les chercheurs restent optimistes, mais ils estiment qu’il serait « insuffisant » de ne compter que sur LYNA pour le dépistage du cancer du sein. Il faudra donc attendre encore un peu avant que l’intelligence artificielle ne soit utilisée en condition réelle.

De plus, puisque la métastase est un facteur commun à la plupart des formes de cancer, cette technologie pourrait être étendue et permettre d’autres diagnostics plus rapides et précis. Déjà, une autre intelligence artificielle permettrait de détecter un mélanome, un cancer de la peau, plus efficacement que les dermatologues, tandis que l’application SmokeCheck permettrait de diagnostiquer plus tôt le cancer du poumon. L’intelligence artificielle pourrait donc être d’une grande aide pour le futur de la médecine, même si, selon la NASA, l’humanité serait en train de vivre ses derniers instants sur terre


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