
À l’époque du Pléistocène, nos ancêtres évoluant en Amérique côtoyaient des paresseux géants et des glyptodontes. Le réexamen d’un crâne découvert au XIXe siècle a récemment conduit à la description d’une nouvelle espèce de géant cuirassé préhistorique.
Glyptotherium deuterophractum
Mis au jour dans une grotte brésilienne, le spécimen fossile avait été initialement attribué à l’espèce Hoplophorus euphractus, avant d’être « reclassé » en 1875 comme le témoignage de Schistopleurum euphractum. Après comparaison avec d’autres spécimens, la nouvelle étude révèle qu’il s’agissait en réalité d’un glyptodonte, créature herbivore et quadrupède souvent présentée comme un proche parent préhistorique des tatous actuels.
« L’histoire du genre Glyptotherium a débuté avec la description du Glyptodon mexicanus », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans le Journal of Mammalian Evolution. « Au cours du XXe siècle, d’autres fossiles ont été mis au jour au Texas ainsi qu’en Argentine, mais les restes de l’espèce trouvée au Brésil n’avaient jamais bénéficié d’une réanalyse approfondie. »
Baptisée Glyptotherium deuterophractum, celle-ci aurait essentiellement prospéré dans une bonne partie du Brésil. Si sa morphologie crânienne la distingue des glyptodontes d’Amérique centrale et du Nord, des similitudes étroites avec un spécimen vénézuélien de Glyptotherium cylindricum ont poussé l’équipe à le réattribuer à la nouvelle espèce.

Blindés et massifs
On estime que les populations de glyptodontes ont survécu jusqu’à il y a environ 20 000 ans, ce qui implique que nos ancêtres américains ont pu les côtoyer et les chasser. Avec ses deux mètres de long, l’espèce Neosclerocalyptus aurait sans doute constitué une source importante de nutriments pour les anciens groupes humains évoluant dans ce qui est aujourd’hui l’Argentine.
Sur la base des archives fossiles, leur représentant le plus massif était le Doedicurus, de la taille d’une petite citadine et pesant plus d’1,3 tonne. Il est également considéré comme l’un des derniers représentants du groupe, s’étant éteint à la toute fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 12 000 ans.
Ces animaux auraient également été ciblés pour leurs carapaces surdimensionnées, qui auraient été utilisées comme abris par les chasseurs-cueilleurs. Une hypothèse appuyée par la découverte de plusieurs d’entre elles par un agriculteur argentin il y a quelques années.