© Jorge Blanco

Réputés pour leur lenteur, les paresseux de notre époque ont un régime alimentaire strictement végétarien. Une nouvelle étude menée par des chercheurs du Musée américain d’histoire naturelle suggère qu’un paresseux ayant vécu pendant la dernière période glaciaire mangeait également de la viande.

Il ne pesait pas moins d’une tonne

Nommé Mylodon darwinii, ou paresseux terrestre de Darwin, ce paresseux qui évoluait en Amérique du Sud s’est éteint il y a environ 10 000 à 12 000 ans. Pesant environ deux tonnes et pouvant mesurer jusqu’à trois mètres de long, il vivait dans divers endroits, à savoir la Patagonie, l’Argentine et les régions du sud de la Bolivie, de l’Uruguay et du Brésil.

Les chercheurs pensaient auparavant qu’il ne mangeait que des plantes, à l’instar de ses cousins modernes. Une analyse de ses excréments excluait notamment l’hypothèse qu’il soit un charognard, comme les hyènes, en raison de l’absence d’os dans les échantillons analysés. Cependant, une analyse des isotopes dans les poils de l’animal démontre qu’il était bien omnivore. Les résultats de cette analyse ont été publiés dans la revue Scientific Reports.

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Cette découverte explique certaines incohérences

Cette découverte explique certains mystères entourant Mylodon darwinii. Les caractéristiques dentaires du paresseux ne correspondaient pas à ce à quoi on pourrait s’attendre pour un herbivore de sa taille. En outre, son intestin n’aurait constitué que le quart de sa masse. Ainsi, il aurait perdu plus d’eau de sa nourriture qu’il n’en aurait gagné.

Tout cela pourrait toutefois s’expliquer si le paresseux consommait des aliments plus riches en apports énergétiques, comme de la viande ou des œufs. En revanche, les chercheurs n’ont pas pu déterminer si le paresseux terrestre de Darwin était un charognard sporadique ou un consommateur opportuniste de protéines d’origine animale.

Pour les scientifiques, il s’agit d’une découverte non négligeable. Tejada explique que les résultats de ces recherches exigent une réévaluation complète de l’ensemble de la structure écologique des anciennes communautés de mammifères en Amérique du Sud, car les paresseux jouaient un rôle important dans ces écosystèmes pendant 34 millions d’années.

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