Glyphosate autorisé pour 5 ans au sein de l’UE : une nouvelle preuve de la puissance des lobbies…

La Commission Européenne vient de prolonger de 5 ans l’autorisation du glyphosate, un herbicide classé comme cancérogène probable par l’OMS. Sans surprise, son indépendance est fortement remise en cause en Europe.

L’indépendance de la Commission Européenne largement contestée

Le dimanche 26 novembre 2017, Le Monde publiait de nouveaux éléments de son enquête à propos du plagiat du rapport de l’EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) sous-estimant largement la nocivité et le caractère cancérogène du glyphosate. On retrouvait notamment dans ce dernier de larges reprises des documents rédigés par Monsanto. Tout avait commencé en 2015, après qu’un organisme dépendant de l’OMS ait classé cet herbicide comme « cancérogène probable ».

Fin 2015, l’EFSA rendait un rapport qui qualifiait ce risque cancérogène d’improbable, largement cité et repris par les défenseurs du glyphosate, jusqu’à ce que son indépendance soit remise en cause en septembre 2017 à la suite de nombreuses révélations. L’ONG écologiste Global 2000 ayant notamment relevé que les parties cruciales du rapport concernant la dangerosité du produit, étaient un copier/coller d’un document déposé en 2012 par Monsanto sous le nom de « Glyphosate Task Force ».

Le rapport de l’EFSA plagie largement celui rendu par Monsanto

Selon le quotidien italien La Stampa, « 100 pages sur 4 300 que comptait le rapport final » étaient entièrement copiées-collées, et il s’agissait « des sections les plus controversées et au centre de l’âpre débat de ces derniers mois« . Le directeur de l’EFSA estimant quant à lui qu’il s’agissait d’une stratégie visant à « créer des doutes sur l’évaluation faite par l’UE », affirmation directement contredite par l’ONG Global 2000 au travers du rapport d’un expert.

Stefan Weber, l’expert en plagiat mandaté par l’ONG, estime notamment que le rapport rendu par l’EFSA remplit tous les critères de définition de plagiat de texte dans le sens de la tromperie consciente et souhaite que l’ensemble de ses auteurs « soient accusés d’inconduite scientifique importante ». Pour terminer, on rappelle que la France a récemment déclaré l’interdiction du glyphosate sur son territoire, qui devrait entrer en vigueur d’ici 2022.


Accompagnez-nous sur les réseaux sociaux