
Les observations d’une galaxie massive et remarquablement précoce ont révélé un calme surprenant au sein de cette mer d’étoiles primitives, contrastant largement avec le comportement de ses voisines.
L’inhabituelle XMM-VID1-2075
Basée sur les données spectrales du télescope spatial James-Webb, la nouvelle étude a examiné le mouvement relatif et la répartition de la matière dans trois galaxies lointaines, telles qu’elles apparaissaient environ 1,8 milliard d’années après le Big Bang. Alors que la première affichait le comportement attendu, la seconde s’avérait sensiblement plus désordonnée. Mais c’est la troisième qui a retenu l’attention de l’équipe.
Nommée XMM-VID1-2075, cet objet plus étendu que la Voie lactée ne formait plus de nouvelles étoiles, et de façon encore plus étrange, ne présentait pas de rotation clairement détectable. S’il n’est pas rare d’observer des galaxies géantes proches présentant une telle caractéristique, elle s’avère nettement plus rare à cette époque moins « encombrée » de l’Univers, soulevant des questions quant aux forces en jeu.
Comme l’expliquent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Astronomy, les galaxies en formation commencent généralement à tourner lorsque la matière composant leur immense nuage de gaz et de poussière s’effondre vers l’intérieur, transférant son moment cinétique en orbitant autour d’un noyau dense.
A massive galaxy from when the universe was under 2 billion years old shows no sign of rotation, despite already having several times the Milky Way’s stars and no new star formation. @NatureAstronomy https://t.co/gnW3ooEUjq
— Phys.org (@physorg_com) May 10, 2026
Sur une échelle de temps écrasante, une succession de collisions et de fusions galactiques va tirailler les étoiles qu’elle abrite dans toutes les directions, ce qui résulte, dans les cas les plus extrêmes, d’un arrêt quasi-total de cette rotation.
Rotations contraires
Selon Ben Forrest, de l’université de Californie, certaines simulations prédisaient l’existence d’un petit nombre de galaxies « fixes » aux tout débuts du cosmos, mais c’est la première fois qu’un exemple clair y est identifié.
À ce stade, la principale explication est l’impact fortuit avec une voisine au sens de rotation inverse, ayant fortement réduit son moment cinétique global. Une piste corroborée par le profil lumineux de XMM-VID1-2075, dont les bordures, nettement plus brillantes, suggèrent la présence de structures perturbées et asymétriques caractéristiques d’une fusion galactique.
Précédemment, l’analyse des données de Webb avait finalement fourni une explication compatible avec le modèle standard de la cosmologie aux mystérieux « petits points rouges » détectés dans l’Univers primitif.