L’on parle plus souvent de suicides depuis le premier confinement en mars dernier. Une enquête réalisée par la Fondation Jean-Jaurès montre que ce précédent confinement ainsi que les mois qui ont suivi ont eu un impact psychologique sur les Français. Le conseil scientifique craint également une nouvelle vague de suicides alors que nous sommes en plein milieu de la nouvelle vague de Covid-19.

Plus de risques de suicides au cours de ce second confinement

Une étude de l’Ifop que France Info s’est procurée en exclusivité alerte sur la hause du nombre de suicides après le confinement. Sur les 2 000 personnes interrogées par l’Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès, 20 % ont indiqué avoir déjà songé à se suicider. Parmi ces personnes ayant pensé à mettre fin à leur existence, 11 % l’auraient envisagé pendant le premier confinement et 17 % pendant les mois ayant suivi le premier confinement. Soit respectivement 2,2 % et 3,4 % de la totalité des personnes ayant répondu au sondage.

Michel Debout, professeur de médecine légale et membre de l’Observatoire national du suicide, indique que le nombre de suicides pourrait considérablement augmenter au cours de ce deuxième confinement. Il explique que nous avions une volonté de survie et des difficultés à nous isoler pour passer à l’acte pendant le premier confinement. En revanche, nous sommes passés de « tous à domicile, sauf exception » à « tous au travail, sauf exception » pour ce deuxième confinement. Ainsi, les personnes suicidaires sont plus susceptibles de passer à l’acte en raison de l’isolement.

― TZIDO SUN / Shutterstock.com

Les chefs d’entreprises, les chômeurs et les artisans-commerçants sont les plus vulnérables

D’après le professeur Michel Debout, trois catégories socioprofessionnelles sont plus vulnérables que les autres, notamment les chefs d’entreprises (27 %), les chômeurs (27 %) et les artisans-commerçants (25 %). Ces derniers seraient particulièrement touchés par le stress, la déprime, l’angoisse et consommeraient par conséquent plus d’antidépresseurs et d’anxiolytiques que le reste de la population française.

« La santé des chômeurs, c’est aussi l’angle mort de la santé publique en France. On n’en parle presque jamais. Parmi les nouveaux chômeurs, certains risquent de passer à l’acte. Ils perdent un emploi et un projet de vie. Il y a un effet de dévalorisation, d’échec… Ce doit être considéré comme un problème de santé, pas seulement économique », a expliqué le professeur de médecine légale.

Face à cette situation inquiétante, ce dernier indique que nous devons vite intervenir, sachant que la France n’a pas la culture de la prévention. La Fondation Jean-Jaurès indique que la Direction générale de la santé a constamment fait l’impasse sur les politiques de prévention, notamment la prévention du suicide. Or, Michel Debout explique que le suicide n’est aucunement une fatalité et que la prévention doit se faire pour éviter le risque.

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