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Depuis leur fermeture forcée à cause du reconfinement, les petits commerces dénoncent des mesures déloyales favorables aux hypermarchés et aux géants de l’e-commerce. Pour apaiser leur colère, le Premier ministre Jean Castex a annoncé dimanche soir que les grandes surfaces ouvertes doivent fermer leurs rayons de produits non essentiels. Une décision qui laisse le champ libre aux géants du commerce en ligne.

Les petits commerces expriment leur mécontentement

Le reconfinement est un vrai désastre pour les petits commerces : « Ma bagarre, ce n’est pas de me demander pourquoi je ferme et pas d’autres. C’est de survivre », a déclaré Virginie De Luca, une fleuriste, copropriétaire de la boutique P’tite fleur à Maisons-Laffitte (Yvelines). Contrairement à cette dernière, de nombreux salons de coiffure, librairies, magasins de jouets, restaurants, fleuristes et autres n’ont pas hésité à pointer du doigt la grande distribution et les géants de l’e-commerce depuis jeudi soir.

Pour le Premier ministre Jean Castex, il n’est pas question de rouvrir les petits commerces. Il a donc décidé de fermer les rayons de produits non essentiels au sein des grandes surfaces pour apaiser les colères. « Ce n’est certainement pas le moment de revenir sur les mesures annoncées, c’est beaucoup trop tôt. Il en va de la survie de l’économie, il en va de notre santé collective », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il soutiendrait massivement les commerces qui sont obligés de baisser leurs rideaux pour qu’ils ne mettent pas la clé sous la porte.

De leur côté, les maires de plusieurs villes ont pris des arrêtés autorisant l’ouverture des commerces non alimentaires sur leur commune. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a déclaré dimanche que ces derniers étaient irresponsables. « Ils pensent qu’ils soutiennent les commerçants. En réalité, ils menacent la santé des Français », a-t-il déclaré. Des propos qui ont été mal accueillis par l’Association des maires de France (AMF). En Île-de-France, la présidente de région Valérie Pécresse explique que la revendication de ces derniers est tout à fait compréhensible. « Je ne suis pas dans la désobéissance civile, mais il faut entendre la colère et le désespoir de ces petits commerçants qui commençaient à peine à reprendre pied », a-t-elle plaidé.

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La décision du Premier ministre laisse le champ libre aux géants de l’e-commerce

Philippe Laurent, maire de Sceaux et secrétaire général de l’AMF, a salué la décision de fermeture des rayons non essentiels des grandes surfaces. Il pense toutefois que la question du commerce en ligne va prospérer. Il a néanmoins souligné que l’interdiction de la vente en ligne pourrait poser problème, car cela empêcherait également les petits commerçants de déployer le système « click and collect », qui consiste à effectuer les commandes en ligne pour ensuite récupérer les produits dans les boutiques.

De son côté, le premier secrétaire du PS Olivier Faure a dénoncé l’incohérence de la décision du Premier ministre français. En outre, il a remis en question la définition des produits essentiels en prenant l’exemple des livres et vêtements pour enfants. Ayant également plaidé pour la réouverture des petits commerces, il a proposé l’instauration « d’une taxe exceptionnelle sur les GAFA qui permette d’aller abonder un fonds de solidarité en faveur de ceux qui sont obligés de fermer aujourd’hui ».

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