Le fossile de 100 millions d’années étudié par les chercheurs — © Lida Xing / China University of Geosciences / Beijing

La récente analyse du fossile parfaitement préservé d’un crustacé préhistorique ayant côtoyé les dinosaures a permis de combler une lacune cruciale dans le puzzle de l’évolution des crabes.

« L’esprit immortel des nuages et des eaux du Crétacé »

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Science Advances, Javier Luque et ses collègues de l’université de Harvard se sont penchés sur un morceau d’ambre chinois vieux de 100 millions d’années, qui s’est avéré renfermer un crabe s’étant probablement retrouvé piégé dans la résine alors qu’il évoluait sur le rivage. Les analyses réalisées ont montré qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce fossile, baptisée Cretapsara athanata ou « l’esprit immortel des nuages et des eaux du Crétacé ».

La découverte de C. athanata est exceptionnelle à plus d’un titre. Extrêmement bien conservée, la minuscule créature de 5 millimètres de long s’avère être le premier crabe de l’ère des dinosaures préservé dans l’ambre (chose rarissime pour les animaux aquatiques) ainsi que le plus ancien crabe d’apparence moderne jamais identifié.

« Il s’agit du crabe fossilisé le plus complet jamais découvert », a estimé Luque. « Il comprend des tissus délicats comme les antennes, des pièces buccales tapissées de fins poils, de grands yeux, et même des branchies. »

Vue d’artiste de Cretapsara athanata — © Franz Anthony / Javier Luque / Harvard University

Les précédents fossiles de crabes (principalement des morceaux de carapaces ou de pinces) suggéraient que les crabes s’étaient aventurés sur terre et adaptés à l’eau douce il y a environ 75 à 50 millions d’années. Cependant, pour se retrouver piégé dans l’ambre, C. athanata devait évoluer à proximité d’une forêt composée de résineux.

Un passage de la mer à la terre bien plus précoce que prévu

Pour les auteurs de l’étude, le crabe est très probablement mort dans un environnement d’eau saumâtre ou d’eau douce près de la côte ou d’un estuaire. Ce qui indique un passage de la mer à la terre bien plus précoce que prévu pour ces créatures (intervenu à l’époque des dinosaures plutôt que celle des mammifères) et comble une lacune importante dans la compréhension de leur évolution.

« Il est parfois difficile de reconstituer l’arbre de la vie retraçant l’évolution des animaux que nous voyons aujourd’hui, les pièces importantes du puzzle s’avérant rares ou encore à découvrir », ont estimé les chercheurs. « Les fossiles piégés dans l’ambre fournissent un instantané unique de l’anatomie, de la biologie et de l’écologie des organismes éteints qui seraient autrement inaccessibles. »

Début octobre, une équipe de chercheurs américains avait découvert un fossile de tardigrade dans de l’ambre vieux de 16 millions d’années.

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