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Les Grands Pingouins, ces oiseaux de l’Atlantique Nord chassés jusqu’à l’extinction au XIXe siècle

Ils ont été traqués sans relâche par les pêcheurs et baleiniers européens

— © University of Pittsburgh

Au cours du XIXe siècle, plusieurs espèces animales emblématiques ont vu leurs populations s’effondrer sous les pressions humaines. Si certaines ont par la suite réussi à se rétablir, d’autres, comme le Grand Pingouin, n’ont pas eu cette opportunité.

Pinguinus impennis

Oiseaux incapables de voler, les Grands Pingouins (Pinguinus impennis) nichaient le long des côtes rocheuses de l’Atlantique Nord, où leurs populations auraient atteint plusieurs millions d’individus. Leur plus grande colonie reproductive se trouvait sur une île au large de la province canadienne de Terre-Neuve.

Pouvant mesurer jusqu’à 85 centimètres de haut pour un poids de 5 kilos, ces animaux possédaient une morphologie semblable à celle des manchots, auxquels ils n’étaient cependant pas apparentés. Se distinguant de ces derniers par leur bec massif, ils étaient réputés pour être d’habiles nageurs, se nourrissant essentiellement de petits poissons.

Chassés par les populations autochtones pendant des millénaires, ils sont devenus, à la fin des années 1770, la cible des pêcheurs et baleiniers européens, qui les ont traqués sans relâche pour leur viande, leur graisse, leurs œufs ainsi que leurs plumes.

Si l’ultime observation d’un Grand Pingouin à l’état sauvage est intervenue au large des côtes de Terre-Neuve en 1852, le dernier couple reproducteur connu de P. impennis a été tué sur l’île islandaise d’Eldey en juin 1844. Selon les récits d’époque, les deux oiseaux ont été pourchassés, capturés et étranglés, et leur unique œuf écrasé.

L’île d’Eldey — © Christian Bickel / Wikimedia Commons

Des circonstances floues

Aujourd’hui encore, les circonstances exactes de leur mort restent floues. On suppose qu’ils étaient destinés à être vendus à des collectionneurs, ou peut-être tenus pour responsables d’une tempête par des pêcheurs superstitieux.

Étrangement, leurs organes ont été conservés et étiquetés, mais il a fallu attendre plus d’un siècle avant que leurs peaux soient « retrouvées ». Dans le cas du mâle, elle se trouvait à l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique, et au Musée d’histoire naturelle et des sciences de Cincinnati pour la femelle.

Autre espèce chassée jusqu’à l’extinction au XIXe siècle : le quagga, cet équidé africain singulier.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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