
Quand les pharaons égyptiens supervisaient l’édification des emblématiques pyramides de Gizeh, des communautés pastorales continuaient d’inhumer massivement leurs morts dans ce qui est aujourd’hui l’un des environnements les plus hostiles de la planète : le Sahara.
Sépultures à enceinte
Au total, ce sont pas moins de 260 de ces structures funéraires circulaires qui ont été identifiées à partir de centaines de clichés satellite. Situées au coeur du « désert oriental », corridor aride situé à l’est du Soudan, entre le Nil et la mer Rouge, elles mesurent jusqu’à 80 mètres de diamètre.
Des fouilles préliminaires ont conduit à la mise au jour de restes squelettiques humains et animaux (bovins, ovins et caprins), et également révélé qu’un bon nombre d’entre elles comportait un muret d’enceinte, et une sépulture centrale individuelle, où aurait été inhumé un membre éminent de ces anciennes communautés nomades.
Si des futures datations permettront de préciser leur période de construction et d’utilisation, les archéologues évoquent notamment des similitudes architecturales étroites avec les « sépultures à enceinte d’Atbai », découvertes il y a plusieurs décennies dans le désert du même nom (Nord-est du Soudan actuel) et bâties il y a entre 4 500 et 6 500 ans.
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— Julien Cooper جوليان كوبر (@cooper_julien) May 12, 2026
Selon eux, la proximité d’anciens points d’eau, de lits de rivières asséchés et d’oasis renforce l’idée que ces centaines de monuments accueillaient les dépouilles des membres de groupes d’éleveurs qui faisaient paître leur bétail dans toute la région à l’époque du « Sahara vert ».
Sahara vert
On estime que le plus grand désert de la planète connaît un cycle de 21 000 ans, le voyant passer de dunes de sable s’étalant à perte de vue à une savane herbeuse parsemée de lacs et de cours d’eau. Son dernier verdissement est intervenu il y a entre 15 000 et 5 000 ans, coïncidant avec la période probable de construction des structures récemment identifiées.
À mesure que le désert gagnait du terrain, la région a été abandonnée par les communautés pastorales qui l’occupaient depuis des millénaires. Parmi les témoignages les plus frappants de cet exode, le site de Gobero, remontant à 5 000 ans et où des centaines de squelettes et des milliers d’artefacts ont été mis au jour.
Soulignant l’importance du Sahara sur le plan archéologique, les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue African Archaeological Review, tirent la sonnette d’alarme et évoquent une nouvelle ruée vers l’or destructrice. « Pas moins de 12 de ces structures funéraires ont été endommagées par l’activité minière ou vandalisées, et la situation ne devrait pas s’arranger. »
Précédemment, des chercheurs avaient séquencé l’ADN des premiers habitants du Sahara vert, vieux de 7 000 ans.