Une cinquantaine de femmes d’Afrique du Sud ont subi des actes d’une cruauté sans précédent : porteuses du VIH, elles ont été stérilisées de force au cours de leur accouchement par césarienne. Néanmoins, aucune d’entre elles n’a été informée de ces opérations. Après avoir découvert qu’elles ne pourraient plus jamais avoir d’enfants, beaucoup d’entre elles sont tombées en dépression. 

Des femmes stérilisées de force et traumatisées 

Une enquête, initiée en 2015 par deux organisations de défense des droits des femmes et relayée par la Commission pour l’égalité des sexes en Afrique du Sud (CGE), a révélé le lundi 24 février dernier que 48 femmes ont été stérilisées de force, entre 2002 et 2015, car elles étaient porteuses du VIH. Les organisations appellent le gouvernement à agir au plus vite. L’enquête a également révélé que les membres du personnel hospitalier ont menacé ces femmes de ne pas les soigner si elles refusaient de signer ces formulaires.

Toutes les femmes qui ont déposé plainte étaient des femmes noires qui étaient majoritairement porteuses du VIH. Alors qu’elles étaient sur le point d’accoucher (…) elles ont été contraintes ou forcées de signer des formulaires dont elles ont appris par la suite qu’il s’agissait de formulaires de consentement permettant par divers moyens à l’hôpital de les stériliser”, a expliqué Keketso Maema, cheffe du CGE.

Comme elles ont toutes accouché par césarienne, cela a permis aux médecins de les stériliser plus facilement. Après avoir appris qu’elles ont été victimes d’actes d’une telle cruauté et qu’elles ne pourraient plus jamais avoir d’enfants, beaucoup d’entre elles sont tombées en dépression et ont été abandonnées par leur mari ou conjoint.

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Elle n’ont jamais été informées de ce qu’elles allaient subir 

La plupart de ces femmes ont rapporté qu’elles ont été forcées de signer ces formulaires alors qu’elles souffraient de “douleur extrême” et étaient inconscientes de ce qu’elles signaient. L’une d’entre elles a expliqué qu’elle avait appris plusieurs années après qu’elle n’avait plus de trompes de Fallope, indispensables dans le processus de reproduction, et qu’elles avaient été sectionnées après son accouchement. Elle était d’ailleurs restée à l’hôpital bien plus longtemps qu’habituellement, soi-disant pour être soignée d’une infection liée à une cicatrice après la césarienne. “Elle n’a jamais été informée de ce qui lui était arrivé”, rapporte l’enquête.

Vous les gens porteurs du VIH vous ne vous posez pas de questions quand vous faites des bébés. Pourquoi posez-vous des questions maintenant, vous devriez être stérilisés, les personnes vivant avec le VIH, vous aimez faire des bébés, et ça nous ennuie. Signez les formulaires et partez”, s’était justifiée une infirmière auprès d’une autre de ces femmes. 

Violations graves des droits des êtres humains et “traitements dégradants

La CGE a finalement annoncé que ces femmes ont subi “des violations graves des droits humains et des traitements dégradants”. Elle dénonce le personnel hospitalier de les avoir forcées à avoir ces soins. Si le contenu de l’enquête a été transmis au ministère sud-africain de la Santé, celui-ci ne s’est, jusqu’à présent, toujours pas exprimé sur ce sujet.

En Afrique du Sud, le nombre de personnes ayant le VIH ne cesse d’augmenter. De près de 4,64 millions en 2002, il est passé à 7,97 millions en 2019, d’après des statistiques publiées par le gouvernement. Ainsi, 13,5 % de la population globale d’Afrique du Sud était touchée par le VIH. 

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