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Arachnides voraces : des faucheux surpris en train de s’attaquer à des grenouilles vivantes

Et tout ça sans venin

— © Villareal et al. / Ecology and Evolution 2026 / CC-BY

Si une poignée de cas de prédation similaires avaient été précédemment documentés, des scènes inattendues impliquant des faucheux et des grenouilles ont été observées dans les forêts tropicales d’Amérique du Sud.

Opilions vs. anoures

En règle générale, les invertébrés constituent le repas d’autres représentants plus imposants de cet ordre ou de vertébrés. Publiée dans la revue Ecology and Evolution, la nouvelle étude révèle un scénario bien différent pour les faucheux, ou opilions, ces arachnides dotés de longues et fines pattes.

Comme l’explique le biologiste Luis Fernando Garcia, les opilions sont des créatures plutôt lentes et fragiles, quand les grenouilles, dans ce cas des anoures, se révèlent massives, vives et agiles. De ce fait, les quatre cas de prédation récemment documentés n’ont pas manqué de surprendre les chercheurs.

« Il était assez remarquable de les voir se nourrir de batraciens relativement grands, et, dans certains cas, les maintenir immobilisés alors qu’ils étaient encore vivants », détaille le chercheur. « De telles observations illustrent la dynamique complexe de la biologie et notre méconnaissance des interactions au sein des écosystèmes tropicaux. »

Clichés montrant différentes espèces de faucheux de la famille des Cranaidae se nourrissant de grenouilles — © Villareal et al. / Ecology and Evolution 2026 / CC-BY

De puissants pédipalpes

Souvent présentés comme inoffensifs, ces arachnides ne produisent pas de venin, ce qui suggère qu’ils utilisent leurs puissants pédipalpes (appendices semblables à des griffes) pour capturer leurs proies.

« Ces structures sont dotées d’excroissances épineuses qui permettent de maintenir fermement leur proie lorsqu’ils se nourrissent », explique Garcia. « En ciblant des zones clés, ils empêcheraient leurs mouvements, comme cela avait été précédemment observé chez les coléoptères prédateurs du genre Epomis. »

S’il n’exclut pas la possibilité que les grenouilles ciblées étaient endormies ou affaiblies (maladies ou blessures), le scientifique note que l’une des espèces de batraciens photographiée est aujourd’hui considérée comme menacée. « Mieux comprendre cette dynamique prédateur-proie pourrait donc contribuer à orienter les efforts de conservation », conclut-il.

Il y a quelques années, c’est une espèce de faucheux ressemblant étrangement à… un lapin, qui avait été filmée en Équateur.

Par Yann Contegat, le

Source: Refractor

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