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En Chine, fossiles et outils éclairent la morphologie et la vie des mystérieux Dénisoviens

Ces anciens humains auraient été morphologiquement proches des Néandertaliens

— life_in_a_pixel/ Shutterstock.com

Dans le sud-ouest du pays, des archéologues chinois ont mis au jour le tout premier os de bras dénisovien. Associé à une série de découvertes archéologiques, il contribue à approfondir notre compréhension de ces mystérieux humains archaïques.

Une aiguille dans une botte de foin paléontologique

Présents en Asie entre 400 000 et 30 000 ans environ, les Dénisoviens ont, d’après les analyses ADN, croisé la route d’autres représentants anciens de notre lignée, tels que les Néandertaliens. Comme ces derniers, ils présentaient une ossature robuste, suggérant une série d’adaptations morphologiques et physiologiques à des environnements froids.

Détaillée dans la revue Nature, la dernière découverte est intervenue dans la grotte de Bianfu, connue pour abriter quelque 60 000 fragments d’os anciens, très majoritairement animaux. Après avoir isolé 22 spécimens potentiellement humains, datés de 167 000 à 134 000 ans environ, l’équipe a procédé à une analyse protéomique (protéines osseuses), qui a permis d’identifier une variante d’acide aminé typiquement associée aux Dénisoviens.

L’échantillon identifié incluait deux fragments de crâne, quatre dents et, surtout, un radius (os de l’avant-bras). Un type de relique inédit pour cette espèce : jusqu’à présent, ses rares témoignages fossiles, provenant essentiellement de Sibérie et des régions septentrionales de la Chine, se résumaient à une poignée de crânes, des os de jambe, de doigts et des côtes.

À ce jour, Bianfu est le site le plus méridional à livrer des fossiles de Dénisoviens, renforçant l’idée, suggérée par de précédents séquençages génétiques, que ces anciens humains aient pu vivre près des tropiques, en Asie du Sud-Est et en Océanie.

Radius de Bianfu sous différents angles — © Fu et al. / Nature 2026

Contexte préhistorique

En parallèle, une seconde équipe de scientifiques a examiné plus de 1 300 artefacts en pierre trouvés à Bianfu, couvrant une période s’étalant de 190 000 à 70 000 ans environ. Les correspondances chronologiques établies ont révélé que les Dénisoviens étaient de prolifiques fabricants d’outils.

Taillés dans des os d’animaux ou la pierre, il s’agissait majoritairement d’armes affûtées, qui auraient été dédiées à la chasse des mammifères de toutes tailles qui évoluaient alors en Asie de l’Est. Leur ressemblance avec les outils habituellement associés à Néandertal fait écho aux similitudes génétiques et aux aires de chevauchement géographiques précédemment mises en évidence.

Enfin, l’analyse de pollens préhistoriques, trouvés dans les couches de sol associées aux découvertes chinoises, indique un environnement forestier dense, dominé par les conifères.

Selon les chercheurs, les différents témoignages de Bianfu en font le second site dénisovien le plus riche, après la grotte de Dénisova, abritant les restes du seul hybride néandertalien-dénisovien connu.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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