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Des chercheurs créent pour la première fois un modèle d’embryon humain sans ovule ni sperme

Cette découverte devrait aider la recherche sur les embryons qui pose plusieurs questions éthiques

embryon
— Anusorn Nakdee / Shutterstock.com

La recherche biomédicale a énormément évolué dernièrement et cela a conduit à des progrès révolutionnaires dans la compréhension du développement humain et des maladies. L’une des réalisations les plus remarquables de ces dernières années a été la création des modèles d’embryons humains les plus avancés fabriqués en laboratoire.  

Des embryons sans spermatozoïde, ovule ou fécondation

La recherche sur les embryons humains se heurte à de nombreux défis, principalement en raison des questions éthiques, juridiques et techniques complexes qui entourent leur étude. D’un point de vue éthique, l’utilisation d’embryons humains soulève de profondes questions morales, car ils représentent les premières étapes de la vie humaine. Sur le plan juridique, le statut des embryons humains varie d’un pays à l’autre, créant une mosaïque de réglementations qui peuvent entraver la collaboration internationale et les efforts de recherche.

De plus, les défis techniques sont importants, car les embryons humains sont des structures délicates et sensibles, ce qui rend leur manipulation et leur étude extrêmement complexes. Il semblerait cependant que les chercheurs de l’Institut Weizmann des sciences aient relevé ces défis en créant de nouveaux modèles d’embryons humains cultivés en laboratoire. Générés sans utiliser de spermatozoïde, d’ovule ou de fécondation, ces embryons artificiels ressemblent énormément à des embryons naturels à environ 14 jours de développement.

Les minuscules embryons artificiels ont été fabriqués en combinant des cellules souches qui se sont disposées en structures imitant l’organisation de toutes les caractéristiques connues trouvées dans les embryons humains âgés d’une à deux semaines. « Il s’agit du premier modèle d’embryon présentant une organisation structurelle des compartiments et une similitude morphologique avec un embryon humain au 14e jour », a déclaré le professeur Jacob Hanna, auteur principal de l’étude.

Une avancée extraordinaire, mais soumise à des soucis éthiques

Pour inciter les cellules souches à former les tissus de l’embryon, les chercheurs ont uniquement utilisé des produits chimiques. Préalablement, les cellules souches sont d’abord induites dans un état « natif », à partir duquel elles peuvent produire n’importe quel type de cellule. Ces cellules sont ensuite transformées en cellules de l’embryon, du placenta, du sac vitellin et du réticulum extraembryonnaire. Une fois que toutes ces cellules se mélangent, elles finissent par s’agglutiner pour former des boules présentant l’architecture distincte d’un véritable embryon humain.

La création de ces embryons artificiels est importante, car elle offre de nouvelles possibilités – et donc un nouvel espoir – pour la recherche sur les fausses couches et les malformations congénitales. Cependant, même s’il s’agit d’embryon artificiel, elle soulève également de nouvelles préoccupations éthiques. En effet, même si les scientifiques (dont certains n’ont pas été impliqués dans l’étude) ont souligné que les modèles ne devaient pas être considérés comme des embryons humains, la grande similitude entre les deux embryons reste perturbante. L’une des plus grandes préoccupations dans ce domaine concerne la durée pendant laquelle on peut laisser ces embryons artificiels mûrir.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: Live Science

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