
Sur la rive ouest de Louxor (anciennement Thèbes), une mission archéologique a mis au jour la sépulture d’un haut fonctionnaire égyptien qui vivait il y a plus de trois millénaires.
La nécropole de Cheikh Abd el-Gournah
La découverte est intervenue lors des fouilles de la nécropole de Cheikh Abd el-Gournah, à environ 650 kilomètres au sud du Caire. Alors que la célèbre Vallée des Rois accueillait les dépouilles des pharaons, cet important site funéraire constituait l’ultime demeure de hauts fonctionnaires, prêtres, scribes et dignitaires proches du pouvoir royal.
Parmi les figures les plus illustres y ayant été inhumées figuraient l’astronome Nakht, Sénènmout, conseiller de la reine Hatchepsout, Inéni, architecte ayant participé à de grands chantiers royaux, ou encore Rekhmirê, vizir des pharaons Thoutmôsis III et Amenhotep II.
Ces sépultures se distinguaient par leurs œuvres murales représentant des scènes de la vie quotidienne (travaux agricoles, chasse, pêche, artisanat, banquets, cérémonies religieuses…), essentielles pour comprendre l’organisation sociale et économique du Nouvel Empire (1550 à 1069 avant notre ère environ).
La dernière demeure de Paser
Les dernières campagnes de fouilles ont révélé la tombe d’un dénommé Paser, identifié comme un haut fonctionnaire à partir des inscriptions figurant sur ses murs. Remontant à la période ramesside, cette sépulture présente l’architecture typique des tombes de l’élite thébaine de l’époque, avec une cour ouverte menant à une petite chapelle en forme de T creusée dans la roche, ainsi que plusieurs chambres funéraires souterraines.
L’équipe archéologique décrit notamment des murs en briques crues comportant une niche destinée à accueillir une stèle, ainsi qu’un escalier flanqué de rampes permettant d’accéder aux espaces où été placées les dépouilles.
Recouvertes d’une fine couche de sédiments, les peintures murales représentent Paser adorant plusieurs divinités dans des sanctuaires, ainsi qu’assis aux côtés de son épouse devant une table chargée de provisions, destinées à couvrir les besoins du défunt lors de son voyage vers l’au-delà. Fréquentes dans l’art funéraire du Nouvel Empire, ces scènes témoignent également du statut élevé de Paser.
Plus tôt cette année, des tombes vieilles de 5 000 ans avaient contribué à éclairer les pratiques funéraires de l’Égypte antique.