
Dans le centre du pays, des archéologues égyptiens ont réalisé une série de découvertes apportant un nouvel éclairage sur les pratiques funéraires ayant cours à l’époque des premières dynasties pharaoniques, il y a environ cinq millénaires.
Deux sépultures massives
Ces importantes trouvailles archéologiques sont intervenues sur le site de Jabal Al-Tair, faisant partie du gouvernorat de Minya. Les plus significatives se résument à deux sépultures datant de la fin de la période prédynastique et du début de la période dynastique (vers 3100 avant notre ère). Leur examen préliminaire indique notamment des similitudes structurelles avec la tombe du roi Den à Abydos (Iʳᵉ dynastie, vers 3000 avant notre ère), faisant partie des plus anciens complexes funéraires royaux égyptiens.
La première tombe présentait des murs dont l’épaisseur diminuait progressivement depuis la base. Selon l’équipe archéologique, une telle approche architecturale constituerait les prémices du développement de concepts géométriques et d’ingénierie ultérieurs, aboutissant finalement à la construction des pyramides à degrés, telles que celle du pharaon Djoser (vers 2650 avant notre ère), préfigurant elles-mêmes les grandes pyramides à faces lisses de Gizeh (environ 2580 à 2470 avant notre ère).
Si le communiqué du Ministère du Tourisme et des Antiquités évoque des blocs de pierre en partie prélevés et réutilisés durant l’Antiquité, les sections conservées présentent des marques oxydées caractéristiques, utilisées pour guider la taille de la pierre, ainsi que des éléments en bois, encastrés dans la structure. « Certaines de ces poutres s’étendaient sur toute la longueur des murs, tandis que d’autres renforçaient des points précis », détaille-t-il.
Située au sud de la première et sensiblement plus petite, la seconde tombe se révèle architecturalement similaire, mais présente la particularité d’être largement intacte.
Un site funéraire utilisé pendant des milliers d’années
Les dernières campagnes de fouilles ont également révélé un cimetière prédynastique, dont les sépultures renfermaient des squelettes en position recroquevillée. Une partie des dépouilles avaient été enveloppées dans des nattes végétales tressées, et inhumées avec des récipients en terre cuite aux motifs typiques des périodes Naqada II (3600 à 3200 avant notre ère) et Naqada III (3200 à 3000 avant notre ère).
Parmi les autres découvertes figurent plusieurs sépultures individuelles et collectives datant de la Période tardive (664 à 332 avant notre ère), indiquant un site funéraire utilisé durant une bonne partie de l’histoire de l’Égypte antique. La mise au jour de plusieurs fragments indique également l’inhumation de certains des défunts dans des cercueils en bois.
« Jabal Al-Tair offre un aperçu rare de l’évolution de l’architecture funéraire égyptienne à l’échelle de milliers d’années et souligne également l’importance de Minya sur le plan archéologique », conclut le docteur Sami Derderi, qui a supervisé les fouilles.
L’an passé, des archéologues avaient mis au jour la sépulture d’un mystérieux pharaon dans le sud de l’Égypte.
Par Yann Contegat, le
Source: Heritage Daily
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