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De récentes recherches ont montré que les personnes aveugles pouvaient maîtriser l’écholocalisation en un peu plus de deux mois. Une aptitude leur permettant de se repérer plus efficacement dans l’espace et facilitant l’accomplissement de différentes tâches.

« Voir » grâce aux sons

Notamment utilisée par les baleines et les chauves-souris, l’écholocalisation intervient lorsqu’un animal émet un son qui se répercute sur les objets proches, renvoyant des échos qui lui fournissent des informations sur son environnement. Dans le cadre de travaux présentés dans la revue PLoS One, des chercheurs de l’université de Durham, au Royaume-Uni, ont étudié les facteurs influençant l’apprentissage de cette pratique chez les humains.

Au cours d’un programme de formation de 10 semaines, l’équipe a étudié l’influence du niveau de vision ainsi que de l’âge sur l’apprentissage de l’écholocalisation par clics (ou claquements de langue contre le palais). Âgés de 21 à 79 ans, les participants aveugles et voyants ont effectué un total de 20 sessions de formation de deux à trois heures. Les sujets atteints de cécité prenant également part à une enquête de suivi de trois mois évaluant les effets de la formation sur leur vie quotidienne.

De façon surprenante, à l’issue de la formation, les chercheurs ont constaté que les participants non-voyants et voyants avaient réalisé d’importants progrès, avec dans certains cas des performances comparables à celles d’écholocateurs experts, à l’issue de la formation. Lors de l’enquête de suivi, l’ensemble des participants aveugles ont fait état d’une amélioration de leur mobilité, et 83 % d’entre eux ont déclaré avoir gagné en indépendance et en qualité de vie.

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Selon les auteurs de l’étude, ces résultats suggèrent que la capacité d’apprendre l’écholocalisation par clics n’est pas limitée par l’âge ou le niveau de vision, et cela a des implications positives pour la réadaptation des personnes ayant subi une perte de vision ou dans les premiers stades de la perte de vision progressive.

Un gain de mobilité et d’indépendance significatif

« Les personnes ayant pris part à notre étude ont déclaré que la formation à l’écholocalisation par clics avait un effet positif sur leur mobilité, leur indépendance et leur bien-être, ce qui atteste que les améliorations que nous avons observées en laboratoire se sont traduites par des bénéfices en dehors de celui-ci », souligne Lore Thaler, auteur principal de l’étude. « Nous pensons qu’une telle formation pourrait également être dispensée aux personnes susceptibles de perdre la vue en raison d’affections oculaires dégénératives progressives. »

L’écholocalisation par clics n’est actuellement pas enseignée dans le cadre de la formation à la mobilité et de la rééducation des non-voyants. Selon les experts, il est possible que certaines personnes craignent d’être stigmatisées et soient réticentes à l’employer en société, en raison de la nécessité d’effectuer les fameux clics.

Toutefois, les auteurs de l’étude notent que « les résultats indiquent que les personnes qui utilisent l’écholocalisation, et celles qui la découvrent, sont confiantes à l’idée de l’utiliser dans des situations sociales ».

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