
Si la France a échappé au Flexplay, commercialisé outre-Atlantique au début des années 2000, elle aura connu le DVD-D, qui devenait également illisible deux jours après déballage.
Le bide Flexplay
À une époque semblant aujourd’hui bien lointaine, vous louiez « physiquement » vos films. D’abord sur VHS, qui devaient idéalement être retournées rembobinées, puis sur DVD. Si de nombreux visionnages des premières et une utilisation peu soigneuse des seconds pouvaient finir par les rendre illisibles, la société américaine Flexplay a essentiellement inventé le concept des disques « jetables » ou « autodestructibles ».
Structurellement similaires à un DVD conventionnel, leurs « EZ-D » comportaient une sorte de vernis sensible à l’oxygène, qui devenait progressivement opaque lorsqu’il était exposé à l’air libre, empêchant finalement les lasers de nos lecteurs de balayer les couches de données sous-jacentes 48 heures plus tard.
Pour Flexplay, ce concept présentait plusieurs avantages : pas besoin de souscrire à un abonnement, ni de retourner les disques une fois visionnés. Bien que l’entreprise ait affirmé que les EZ-D pouvaient être recyclés, on estime aujourd’hui que l’impact écologique aurait sans doute été problématique si une telle technologie s’était imposée.
Heureusement, elle a connu une trajectoire bien différente. Boudée par la plupart des grands studios de cinéma et les chaînes de location de films, elle a été testée par Disney en 2003, avec des résultats désastreux. Comprenant des longs-métrages comme Freaky Friday ou Water Boy, l’offre a été purement et simplement retirée des rayons de nombreux magasins américains dès l’année suivante. Le support a complètement disparu autour de 2011.

DVD-D en Europe
Reposant sur un principe similaire, le DVD-D (pour « Disposable » ou « jetable ») a été commercialisé dans plusieurs pays d’Europe courant 2004.
En France, sa diffusion était assurée par CDiscount, avec une offre annoncée d’une cinquantaine de films. Huit mois plus tard, l’entreprise dressait un bilan extrêmement mitigé, avec un démarrage à 30 000 exemplaires mensuels, et des chiffres rapidement divisés par trois. Les derniers signes de vie du format remontent au tout début des années 2010.
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