Les femmes sont plus enclines à donner leur rein que les hommes

Des chercheurs ont publié dans le Journal of The American Society of Nephrology une analyse étonnante sur le don de rein aux États-Unis. Résultats : les femmes sont plus à même de donner leur rein que les hommes.

Les femmes plus généreuses pour donner leur rein que les hommes

Jagbir Gill de l’Université de Colombie Britannique à Vancouver, et ses collègues canadiens se sont appuyés sur plusieurs registres de transplantation et de recensement de la population aux États-unis avant de publier les résultats. Ils ont ainsi pris en compte le revenu et le sexe des donneurs.

Aux États-Unis entre 2005 et 2015, le taux non corrigé de dons du rein est de 30,1 par million d’habitants pour les femmes, et de 19,3 par million d’habitants chez les hommes, soit 44 % de plus pour les femmes que les hommes. Une inégalité qui existe depuis de nombreuses années d’après les chercheurs.

Aux États-Unis, l’argent peut être le facteur de différence. Les hommes aux faibles revenus donnent de moins en moins leurs reins, a contrario, le taux de don du rein reste assez stable pour les personnes aux revenus plus élevés.

Dans une étude publiée dans la revue Visceral Medicine en 2016, on apprend que dans un couple, 36 % des épouses contre 6,5 % des maris compatibles donnent leur rein.

Plusieurs facteurs pour expliquer cette tendance

Donner des organes aux États-Unis « implique pour le volontaire des coûts importants qui peuvent être lourds à supporter voir dissuasifs ». Outre-Atlantique, le don du rein peut être altruiste (le donneur ne connaît pas le receveur), en France, c’est différent, le don du rein est réservé à l’entourage proche du patient (famille, lien affectif fort avec une personne).

« Malgré la prédominance de femmes qui donnent, nous ne pouvons pas forcément en déduire, sans étude plus approfondie, que les hommes sont moins candidats au don du vivant. En effet, pour pouvoir être éligible au don, les candidats doivent répondre à des critères de compatibilités médicales, avoir un très bon état de santé, passer devant un comité spécialisé et devant le tribunal de grande instance. Autant d’étapes qui ne relèvent pas que de la “volonté de donner” », explique lAgence de la biomédecine en France.

Une inégalité qui existe depuis de nombreuses années d’après les chercheurs. En France, de 2013 à 2017, les femmes représentent 62 % des donneurs et 34 % des receveurs d’après l’Agence de la biomédecine.


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