Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à grande vitesse à cause de l’activité humaine

Le long des routes de campagne, il est fréquent de croiser des oiseaux qui animent de leur chant notre environnement. Cependant, ces sons si mélodieux pourraient bientôt n’être qu’un lointain souvenir. La France est en train de connaître une disparition massive de ses oiseaux de campagne. Le problème est tel qu’on approche la catastrophe écologique, les pratiques agricoles sont directement pointées du doigt.

UN PROBLÈME QUI S’INTENSIFIE DEPUIS 15 ANS

Dans les années 90, un suivi de l’évolution des réseaux d’oiseaux sur le territoire français a été mis en place. Les résultats de ce suivi ont été dévoilés le 20 mars par Le Muséum national d’histoire naturelle et le CNRS, et ils sont alarmants. Depuis le début du suivi, les chercheurs ont observé une disparition dangereusement inquiétante de nombreuses espèces d’oiseaux de nos campagnes. En seulement quinze ans, la population a réduit d’un tiers, et ce phénomène s’intensifie depuis 2008.

Il serait lié à « une période qui correspond, entre autres, à la fin des jachères imposées par la politique agricole, à la flambée des cours du blé, à la reprise du suramendement au nitrate permettant d’avoir du blé surprotéiné et à la généralisation des néonicotinoïdes ». Les néonicotinoïdes sont des insecticides notamment responsables du déclin des abeilles et aujourd’hui, les oiseaux en sont aussi victimes.

QUELLES ESPÈCES SONT TOUCHÉES ?

Les campagnes abritent de nombreuses espèces d’oiseaux et l’on pourrait supposer que seules certaines d’entre elles sont concernées par cette disparition inquiétante. C’est le cas par exemple de la perdrix qui serait déjà virtuellement éteinte pour les chercheurs : « on note de 80 % à 90 % de déclin depuis le milieu des années 1990, mais les derniers spécimens que l’on rencontre sont issus des lâchers d’automne, organisés par les chasseurs, et ils ne sont que quelques rescapés ».

Pourtant, même les espèces ne vivant pas spécialement dans des milieux agricoles, à l’image du merle, de la tourterelle ou encore du pinson, sont aussi victimes de ce phénomène. Ces cas révèlent une situation plus qu’inquiétante. Comme les oiseaux se portent mal, l’ensemble de la chaîne alimentaire est touché. Pire encore, le scénario est le même dans d’autres pays européens.

L’AGRICULTURE RESPONSABLE DE CETTE SITUATION ?

Plusieurs pays ont essayé d’agir pour inverser cette tendance qui a fortement progressé à la fin des années 2000. Le Royaume-Uni, la Suède et les Pays-Bas tentent d’inverser la tendance, en vain. La disparition des oiseaux est liée, d’après les spécialistes, à l’utilisation de certains néonicotinoïdes, en particulier sur le blé. Cela a conduit à la disparition massive d’insectes.

« Or, de nombreuses espèces d’oiseaux granivores passent par un stade insectivore au début de leur vie. La disparition des invertébrés provoque donc naturellement un problème alimentaire profond pour de nombreuses espèces d’oiseaux et ce problème demeure invisible : on va accumuler de petites pertes, nid par nid, qui font que les populations ne sont pas remplacées », comme l’a expliqué Christian Pacteau, référent pour la biodiversité à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). En plus de la disparition des insectes, il y a également moins de plantes et de graines, tout aussi indispensables au développement des oiseaux…

Si rien n’est fait, cette tendance continuera à s’amplifier, nous menant à une véritable catastrophe écologique.


Echouer, c’est avoir la possibilité de recommencer de manière plus intelligente.

— Henry Ford