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On dit souvent que les yeux sont le reflet de l’âme, et d’une certaine manière cela reflète une triste vérité. Dans une nouvelle étude, il a en effet été constaté que les yeux peuvent refléter l’apathie provoquée par la dépression.

Qu’est-ce que l’apathie dans la dépression ?

L’apathie est un symptôme courant et débilitant ressenti par les personnes aux prises avec la dépression. Cet état émotionnel se caractérise par un profond manque d’intérêt ou de motivation à s’engager dans des activités qui étaient autrefois agréables ou épanouissantes. Les personnes souffrant de dépression peuvent trouver que même les tâches les plus simples, comme se lever du lit ou accomplir des tâches routinières, sont extrêmement intimidantes. Mais il faut savoir que l’apathie dans la dépression n’est pas seulement physique.

Cela s’étend également aux domaines cognitif et émotionnel. Les pensées peuvent devenir brumeuses, la concentration vaciller et la prise de décision peut devenir un effort herculéen. Émotionnellement, les individus peuvent se sentir déconnectés de leur environnement et de leurs proches, car la fatigue persistante et le manque d’intérêt érodent la capacité à établir des liens significatifs dans un phénomène nommé l’anhédonie. En fait, l’apathie liée à la dépression est telle qu’elle se reflète même dans le regard. C’est notamment ce qu’a montré une étude réalisée par les chercheurs de l’Institut Max Planck de psychiatrie en Allemagne.

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Les voies de récompense du cerveau semblent désactivées chez les personnes dépressives

Les chercheurs ont découvert qu’il existe une corrélation distincte entre la réponse pupillaire et la gravité de la dépression. Il faut savoir que chez les personnes en bonne santé, les pupilles se dilatent en prévision d’une récompense au cours d’une tâche. Cette réaction pupillaire d’anticipation se produit environ 6 secondes à partir du moment où les voies de récompense du cerveau sont ouvertes. Mais, d’après les résultats de l’étude publiée dans la revue Scientific Reports, cette réponse pupillaire est particulièrement atténuée chez les personnes souffrant de dépression, en particulier chez les patients souffrant d’apathie.

Les chercheurs ont noté que cette réaction pupillaire réduite, indicative d’une diminution de l’activation du locus coeruleus, met en lumière les aspects physiologiques de la dépression. Notons que le locus coeruleus est la structure cérébrale avec la plus forte concentration de neurones noradrénergiques dans le système nerveux central. Les neurones noradrénergiques réagissent au neurotransmetteur noradrénaline, un élément essentiel de la réponse au stress et de la régulation positive de l’éveil, autrement dit de l’activation du système nerveux.

Cela signifie que chez les personnes victimes de dépression qui souffrent d’apathie, un manque de dilatation des pupilles pourrait suggérer que certains mécanismes – notamment le circuit de récompense – dans le cerveau ont été affectés. « Cette découverte nous aide à mieux comprendre les mécanismes physiologiques à l’origine de l’apathie », a expliqué Victor Spoormaker, auteur principal de l’étude. C’est une découverte importante dans la mesure où la pupillométrie pourrait être utilisée comme méthode complémentaire de diagnostic de la dépression. Cela pourrait également contribuer au développement de stratégies de traitement individualisées de la dépression.

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