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— ian woolcock / Shutterstock.com

Des chercheurs de l’université Curtin ont identifié un vestige géologique du passé (très) lointain de notre planète. Ce morceau de croûte terrestre ancien pourrait notamment contribuer à expliquer comment la Terre est devenue habitable.

Un vestige géologique précieux

Afin de déduire ce qui se trouve sous la surface de la Terre sans avoir à creuser, les scientifiques peuvent notamment projeter des faisceaux plus fins qu’un cheveu humain sur des minéraux issus du sable des plages. Une telle technique a récemment permis la mise en évidence d’un morceau de croûte terrestre vieux de 4 milliards d’années sous l’Australie-Occidentale. De la taille de l’Irlande, celui-ci a influencé l’évolution géologique de la région pendant des milliards d’années.

Les chercheurs australiens pensent que cette proto-croûte épaisse aurait fortement contribué à l’apparition des roches actuelles (les anciens matériaux étant mélangés aux nouveaux), et survécu à plusieurs événements majeurs de formation de chaînes de montagnes.

« Lorsque l’on compare nos résultats aux données existantes, il apparaît que de nombreuses régions du monde ont connu un timing similaire de formation et de préservation de la croûte précoce », explique Maximilian Dröellner, auteur principal de l’étude, parue dans la revue Terra Nova. « Cela suggère un changement significatif dans l’évolution de la Terre il y a environ 4 milliards d’années, lorsque le bombardement de météorites a diminué, que la croûte s’est stabilisée et que la vie a commencé à émerger. »

Planète magma
Représentation d’une planète recouverte d’un océan de magma en fusion, semblable à ce que la Terre a pu être à ses débuts — © NASA / JPL-Caltech

Vaporiser des minéraux anciens pour révéler leur origine

Dröellner et ses collègues ont utilisé la spectrométrie de masse à plasma induit par ablation laser afin de vaporiser des grains du minéral zircon, prélevés dans le sable des rivières et des plages d’Australie-Occidentale, et de révéler leur composition. Grâce à cette approche, l’équipe a pu établir leur origine, les forces impliquées pour les créer, et ainsi se faire une idée de l’évolution géologique de la région.

« Les bordures de cet ancien fragment d’environ 100 000 kilomètres carrés semblent constituer une importante limite crustale, contrôlant la répartition géographique de minéraux précieux ou utiles, ce qui a d’importantes implications pour l’avenir de l’exploration durable et optimisée des ressources », explique Milo Barham, qui a supervisé les travaux.

D’importantes implications

Le déplacement de la croûte terrestre et les mouvements du manteau chaud sous-jacent étant difficiles à déduire et à cartographier rétrospectivement, cet aperçu rare de la dynamique géologique ancienne s’avère extrêmement précieux. À plus long terme, de telles informations pourraient aider les scientifiques à établir comment les planètes et leur première croûte se forment, ce qui aurait d’importantes implications pour la recherche d’une potentielle vie extraterrestre.

« L’étude de la Terre primitive est un défi, compte tenu de l’énormité du temps qui s’est écoulé, mais elle a une importance profonde pour comprendre la signification de la vie sur Terre et notre quête pour la trouver sur d’autres planètes », conclut Barham.

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