En dépit d’un soutien sans précédent des gouvernements, la Banque mondiale estime que la pandémie de coronavirus a eu un impact « rapide et massif » sur l’économie mondiale, à l’origine de son plus important effondrement depuis 150 ans. Selon ses prévisions, celui-ci pourrait précipiter 100 millions de personnes dans la pauvreté.

Une « catastrophe planétaire »

Si l’économie mondiale devrait se contracter de 5,2 % cette année, soit sa pire récession depuis 80 ans, le nombre de pays concernés par des pertes économiques massives fait de cette crise économique la plus grave depuis 1870. « Ces perspectives donnent à réfléchir, car la crise risque de laisser des cicatrices durables et de poser des défis mondiaux majeurs », a notamment souligné Ceyla Pazarbasioglu, vice-présidente de la division Croissance équitable et Finance de la Banque mondiale.

Selon Pazarbasioglu, l’ampleur sans précédent de cette crise pourrait plonger 70 à 100 millions de personnes dans l’extrême pauvreté. Bien que certains économistes prévoient un rebond pour 2021, la Banque mondiale estime qu’une seconde vague de la pandémie aurait pour effet de saper la reprise et de transformer la crise économique en une crise financière entraînant une « vague de défaillances majeures ».

Les économistes du monde entier s’efforcent depuis plusieurs mois de quantifier l’impact de la crise, comparée à une « catastrophe planétaire », mais avec un tel nombre de secteurs et de pays touchés, les prévisions concernant une éventuelle reprise restent très incertaines. Dans le pire des scénarios, impliquant une seconde vague de la pandémie ou la réinstauration de mesures de confinement, le PIB mondial pourrait se contracter de 8 %.

— Halfpoint / Shutterstock.com

Les économistes prévoient une baisse de 9,1 % du PIB pour la zone euro

Rare nation à connaître une croissance modeste cette année, la Chine connait toutefois un ralentissement susceptible d’entraver les perspectives de reprise dans les pays en développement, en particulier les exportateurs de matières premières. Alors que la seconde puissance économique mondiale verra vraisemblablement son PIB augmenter d’1 %, les perspectives se révèlent bien plus sombres ailleurs dans le monde, avec une baisse de 9,1 % pour la zone euro, 8 % pour le Brésil, 7,5 % pour le Mexique, 6,1 % pour les États-Unis et le Japon et 3,2 % pour l’Inde.

En cas de seconde vague ou d’un nouveau confinement généralisé, le rapport de la Banque mondiale estime que les « perturbations engendrées affaibliraient largement la capacité des entreprises à rester en activité et à rembourser leur dette », ce qui se traduirait par une hausse des taux d’intérêt pour les emprunteurs à haut risque, pouvant conduire « à des défaillances en cascades et à des crises financières dans de nombreux secteurs économiques ».

Même si la reprise mondiale de 4,2 % prévue pour 2021 se concrétisait, le rapport souligne que « dans de nombreux pays, les profondes récessions engendrées par la pandémie de Covid-19 pèseront probablement sur la production potentielle au cours des prochaines années ».

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