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C’est une très belle nouvelle : les pères pourront enfin profiter plus longtemps de leur nouveau-né. En effet, l’Elysée a annoncé ce mardi soir que le congé paternité va doubler dès le 1er juillet 2021, passant ainsi de 14 à 28 jours. 

Un congé paternité de 14 à 28 jours

Porter davantage son bébé dans ses bras et avoir plus de temps pour organiser sa toute nouvelle vie de famille ? Cela sera désormais bientôt possible. En effet, alors que cela fait plusieurs mois que le gouvernement réfléchit à allonger et rendre obligatoire le congé paternité, celui-ci sera bel et bien doublé dès le 1er juillet 2021, passant de 14 jours à 28 jours, comme l’a annoncé l’Elysée ce mardi soir.

Si nombreux étaient ceux à souhaiter un allongement du congé paternité à neuf semaines, l’Elysée a tout de même rapporté que “doubler, c’est déjà un changement massif. Nous faisons alors passer la France d’une position médiane au peloton de tête des pays européens les plus en avance, aux côtés de l’Espagne, de la Finlande, de la Norvège et du Portugal.” La charge financière de ce congé paternité “coûtera déjà 260 millions d’euros pour 2021 et le double les années suivantes, soit autour de 500 millions sur une année pleine”, a précisé l’Elysée.

Le congé paternité, instauré en janvier 2002, répond à divers enjeux sociétaux : le rééquilibrage des tâches familiales, l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes mais aussi l’implication du père dans l’éducation du ou des enfants. “Le congé paternité est ouvert au conjoint salarié de la mère de l’enfant ou la personne salariée liée à elle par un pacte civil de solidarité ou vivant maritalement avec elle.

De plus en plus d’hommes souhaitent s’investir dans la coparentalité

Cette décision du gouvernement est de surcroît une réponse à “une attente sociétale, car 80 % des Français se déclarent favorables à l’allongement du congé paternité. Le temps est un facteur important pour que le père puisse nouer un lien d’attachement avec son bébé”, a ajouté l’Elysée.

Le fait que dès le début, le papa se penche aussi souvent sur le berceau que la mère va déconstruire les rôles stéréotypés dans la vie quotidienne des couples et renforcer la sécurité affective de l’enfant”, a expliqué à son tour Marie Donzel, directrice associée au sein du cabinet AlterNego et experte de l’innovation sociale. Marie-Andrée Blanc, présidente de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), s’est également exprimée sur le sujet : “De plus en plus d’hommes souhaitent s’investir dans la coparentalité. Mais on aurait aimé que la durée soit encore davantage allongée.

Alléger la charge mentale des mères

Mais cette décision a d’autres avantages. En effet, il s’agit d’un geste fort en faveur de l’égalité femmes-hommes, “la charge des premiers jours repos[ant] encore trop sur les femmes”, comme l’a souligné l’Elysée. Marie Donzel a partagé cet avis : “Ce congé paternité allongé va permettre d’alléger la charge mentale des mères, car les pères vont pouvoir partager avec elles la mise en place des responsabilités familiales. Et ils vont pouvoir mieux les soutenir après le traumatisme corporel qu’elles ont subi avec l’accouchement.” Elle a également ajouté que “cela manifeste l’entrée du salarié en parentalité et oblige l’employeur à la prendre en compte dans l’organisation du travail”.

Néanmoins, tous les salariés ne bénéficient pas de ce congé paternité. “Le taux de recours à ce congé optionnel, indemnisé par l’assurance maladie, est de 67 %. Il a très peu évolué depuis sa création en 2002. Les salariés en CDD sont encore moins nombreux que les autres à s’en saisir (50 %). S’ils ne profitent pas de ce droit, c’est en raison de leur charge de travail et de leur crainte de demander ce congé à leur employeur”, a détaillé l’Elysée.

Selon Marie-Andrée Blanc, une autre explication demeure : “Tous les employeurs ne compensent pas la part de la rémunération non prise en charge par la Sécurité sociale. Donc certains salariés ne prennent pas leur congé paternité pour des raisons financières.” C’est donc la raison pour laquelle une partie de ce congé paternité sera rendue obligatoire. Toutefois, d’après Marie Donzel, “il faudrait l’imposer dans sa totalité pour qu’il soit pleinement efficace”.

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