Ceci n’est pas une dystopie : les citoyens chinois mal notés interdits de train et d’avion

La République Populaire de Chine a créé l’indignation en annonçant vouloir empêcher ses citoyens les moins obéissants d’accéder aux gares et aux aéroports du pays. À partir du 1er mai 2018, les Chinois dont la « note sociale » aura été jugée trop basse par le gouvernement se verront tout simplement privés de la liberté de circuler librement dans le pays.

 

Un avenir à la Black Mirror

Si le concept de « note sociale » vous paraît familier, c’est parce qu’il est au cœur du 1er épisode de la troisième saison de Black Mirror. Intitulé Nosedive, il met en scène un monde factice et superficiel où l’individu n’existe plus qu’à travers le regard – et les notes – d’autrui : votre sourire de façade et votre feinte amabilité sont les seules choses qui vous permettent d’exister dans ce monde de carton-pâte…

La Chine n’en est pas encore là, mais elle s’en rapproche dangereusement. Le système de notation prévue par le gouvernement reposera davantage sur le comportement des citoyens plutôt que l’image qu’ils renvoient. Cette liste noire qui se veut la plus exhaustive possible reposera sur les infractions les plus communes parmi lesquelles les titres de transport périmés, les amendes non payées, et le langage grossier.

La traque aux incivilités

Fraîchement réélu président à vie, Xi Jinping n’a jamais caché son désir de construire une Chine régie par un système de notation basé sur le modèle « indigne de confiance une fois, toujours puni », comme précisé dans une notice signée par huit ministères. Les informations relatives à la notation des citoyens chinois pourront d’ailleurs librement circuler entre les différents organes du gouvernement pour appliquer les sanctions les plus adaptées.

Bien qu’il défraie la chronique, ce système de notation est effectif depuis plusieurs années dans l’Empire du Milieu. Début 2017, la Cour Populaire Suprême annonçait lors d’une conférence de presse avoir privé de vol 6,15 millions de personnes qui s’étaient rendues coupables d’incivilités et d’infractions en tous genres. Le totalitarisme décomplexé de Pékin entre dans une nouvelle ère avec ce système de fichage : non content d’espionner la vie de ses concitoyens, le gouvernement chinois pourra désormais refuser l’accès aux gares et aux aéroports du pays aux citoyens les moins méritants – ou les moins dociles…


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