— Prystai / Shutterstock.com

70 % des chiens souffriraient d’anxiété ou de stress. C’est le résultat hallucinant qu’a révélé une étude finlandaise à propos du meilleur ami de l’Homme. Des troubles qui seraient en partie dus à la génétique, mais pas seulement.

Une large étude comportementale sur l’anxiété canine

Une étude comportementale sur les chiens a été publiée dans la revue Scientific Reports le 5 mars 2020. Menée par des chercheurs de l’université de Helsinki, en Finlande, elle porte sur un total de 264 races de chiens âgés de 3 mois à 17 ans. Pour ce faire, Hannes Lohi et ses collègues ont contacté des clubs canins et posté un questionnaire sur les réseaux sociaux, ce qui leur a permis de recueillir 13 715 réponses venant du monde entier.

Elle s’intéresse à l’anxiété chez notre compagnon à 4 pattes. Pour rappel, les signes indiquant qu’un chien a peur sont l’éloignement, une immobilité ou agitation excessive, le plaquage des oreilles sur le crâne, la queue entre les jambes, des halètements, le léchage de truffe, une salivation ou transpiration excessive, et l’agressivité. Autant de signaux d’apaisement qu’il ne faut pas négliger.

Des troubles qui se cumulent

Il se trouve que 72,5 % des chiens souffrent d’au moins un des troubles suivants :

  • sensibilité excessive au bruit ;
  • crainte générale : le chien se cache, a peur des étrangers et des situations inconnues ;
  • peur des hauteurs et des surfaces, comme des dalles réfléchissantes en verre par exemple ;
  • comportement compulsif : le chien mâchouille un objet sans relâche, ne quitte plus sa balle ou court après sa queue ;
  • inattention et impulsivité ;
  • agressivité envers la famille ou les étrangers ;
  • peur de la séparation : le chien fait ses besoins, aboie ou détruit pendant votre absence.

La sensibilité au bruit est le trouble le plus courant puisqu’elle touche 32 % des chiens, et ce, toutes races confondues. La peur des feux d’artifice concerne 17 % des chiens, tandis que 15 % d’entre eux ont peur des étrangers, 14 % ont des comportements agressifs, 11 % craignent les situations nouvelles et 6 % vont jusqu’à se mordre eux-mêmes. Il faut savoir que les troubles anxieux sont souvent associés entre eux, ce qui fait qu’un chien souffrant d’hyper attachement a 4,1 fois plus de chances d’être hyperactif ou impulsif, et qu’un chien agressif a 3,2 fois plus de chances d’être également un chien peureux.

Les comportements anxieux les plus fréquents chez le chien © Milla Salonen et al, Scientific Reports, 2020 / Nature Creative Commons

Les chercheurs ont constaté que le sexe du chien jouait un rôle dans les troubles anxieux, puisque les mâles sont plus souvent agressifs et impulsifs, tandis que les femelles ont davantage tendance à être craintives envers les étrangers et le bruit. Il apparaît également que la sensibilité au bruit est la plus prononcée chez les Lagotto Romagnolo, tandis que les chiens d’eau espagnols, les bergers Shetland et les races mixtes sont plus craintifs. Près d’un Schnauzer nain sur dix est agressif et craintif envers les étrangers, ce qui n’est quasiment pas le cas chez les Labradors Retriever.

Quand la génétique s’en mêle

« Pris dans leur ensemble, ces résultats suggèrent une composante génétique à ces angoisses, tout comme il y en a chez l’Homme », explique Hannes Lohi au magazine Science. Une conclusion qui concorde avec celles d’une étude de 2019 sur les bergers allemands, qui avait identifié deux gènes codant pour la crainte des bruits et la peur des étrangers et dont le rôle est similaire à ceux que l’on retrouve chez les humains souffrant de schizophrénie, de troubles bipolaires et de problèmes d’audition. Fait étonnant cependant, ces mêmes gènes sont également associés à une plus grande sociabilité. « En sélectionnant des chiens plus sociables, l’Homme a peut-être « fabriqué » des chiens plus sensibles au bruit », suggère Hannes Lohi. Il ne faut cependant pas rapporter tous les troubles anxieux à la seule composante génétique, puisque l’environnement et l’éducation jouent un rôle déterminant. Comme pour les humains, les troubles anxieux découlent d’un enchevêtrement complexe de différents facteurs.

Les comportements anxieux par race © Milla Salonen et al, Scientific Reports, 2020 / Nature Creative Commons

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