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Des centaines de clichés éclairent la vie des mystérieux « chiens fantômes » de l’Amazonie

Leur surnom en dit long

— © G. Ayala & M.E Viscarra / CC-BY

Grâce à un réseau conséquent de pièges photographiques, les équipes de la Wildlife Conservation Society ont récemment obtenu un aperçu sans précédent d’un canidé amazonien plutôt discret : le « chien fantôme ».

Atelocynus microtis

Lancée il y a plus d’un quart de siècle, cette étude au long cours a impliqué des dizaines de caméras, disséminées dans les plaines sauvages de la Bolivie et du Pérou, notamment le Grand Madidi-Tambopata et les Llanos de Moxos. Au total, ce sont près de 600 images de chien des buissons à oreilles courtes (Atelocynus microtis) qui ont été prises. Parmi les autres prédateurs identifiés figurent des jaguars et des ocelots.

Comme l’expliquent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Neotropical Biology and Conservation, jusqu’à présent, nos connaissances concernant ce canidé trapu s’avéraient très limitées : elles étaient basées sur une poignée de spécimens de musée, et d’observations directes par des biologistes chevronnés.

Reconnaissable, comme son nom l’indique, à ses oreilles courtes et arrondies, A. microtis possède une tête assez massive, ainsi qu’un pelage aux reflets rougeâtres et une queue touffue. Il se distingue des autres canidés amazoniens par ses pattes semi-palmées. Notamment observée chez les chats-pêcheurs, cette adaptation laisse penser qu’il s’agit d’un bon nageur, amené à évoluer régulièrement dans les cours d’eau des zones forestières qu’il occupe.

Les images capturées au fil des dernières décennies indiquent un mode de vie essentiellement diurne, avec un pic d’activité entre 6 heures et 12 heures. Selon les chercheurs, leur relative absence à l’aube et au crépuscule suggère qu’il éviterait ainsi la concurrence des prédateurs nocturnes.

— © G. Ayala & M.E Viscarra / CC-BY

Une aire de répartition inattendue

L’aire de répartition de l’espèce a également surpris les chercheurs. Alors qu’on les pensait très rares, ces observations laissent supposer une densité d’environ 15 individus pour 100 kilomètres carrés, supérieure à celle de grands prédateurs amazoniens, tels que les jaguars, dans certaines régions.

La méconnaissance du chien des buissons s’explique essentiellement par la nature sauvage et reculée de ses habitats. Ce qui ne garantit pas pour autant la pérennité de cette espèce, considérée comme quasi-menacée par l’Union internationale pour la conservation de la nature.

« La protection de la canopée de la forêt amazonienne, via la mise en place d’aires protégées, ainsi que la gestion durable des territoires autochtones sont aujourd’hui essentiels », concluent les chercheurs.

Le « chien fantôme » d’Amazonie appartient à la sous-tribu américaine des Cerdocyonina, qui comprend des canidés sauvages tels que le renard mangeur de crabes (qui n’en est pas techniquement un) et le loup à crinière.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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