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Cette mine de sel du Cheshire, ouverte en 1844, cache aujourd’hui des archives royales à 150 mètres sous terre

À Winsford, dans le Cheshire, une mine de sel exploitée depuis 1844 continue de fournir le sel des routes britanniques. Mais depuis 1998, ses galeries abandonnées abritent aussi des archives publiques, des œuvres d’art et des maquettes d’architectes, protégées à 150 mètres sous terre.

Des rayonnages remplis de boîtes d’archives installés dans les galeries souterraines de la mine de sel de Winsford, dans le Cheshire.
À 150 mètres sous terre, d’anciennes galeries de la mine de sel de Winsford accueillent désormais des kilomètres d’archives, protégées par des conditions naturellement stables. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

À Winsford, l’extraction de sel continue pendant que d’anciennes galeries protègent des trésors

La mine de Winsford, aussi appelée Meadow Bank Mine, reste la plus grande et la plus ancienne exploitation minière du Royaume-Uni encore en activité. Le groupe américain Compass Minerals en assure l’exploitation depuis 2003 et continue d’en extraire le sel qui salera les routes britanniques cet hiver.

Une partie de ses galeries désaffectées a pourtant changé de vocation. Sous ce paysage rural du nord-ouest de l’Angleterre, le sel côtoie désormais des archives et des œuvres protégées du temps. Ce site à double usage fait de Winsford un cas presque unique en Europe.

Comment un gisement découvert par hasard en 1844 est devenu un site de conservation en 1998

Tout commence en 1844, quand des prospecteurs du Cheshire, en quête de charbon, tombent par hasard sur un gisement de sel gemme. L’exploitation démarre vite, sans que personne n’imagine que cette découverte donnera naissance à l’une des mines les plus durables du Royaume-Uni.

L’histoire connaît pourtant des ruptures. En 1892, une surproduction fait chuter les prix du sel et pousse la mine à fermer. Elle reste à l’arrêt pendant plusieurs décennies, avant de rouvrir en 1928, après l’inondation qui a englouti la dernière mine encore active à Northwich, non loin de là.

Il faut attendre 1998 pour voir naître une reconversion inattendue. L’entreprise DeepStore s’installe alors dans les vastes galeries laissées vides par plus d’un siècle d’extraction. Tableaux de maître, archives historiques et maquettes d’architectes y trouvent une seconde vie, loin de la lumière et de l’humidité de surface.

Pourquoi les galeries à 150 mètres sous terre protègent mieux qu’un bunker en surface

Si Winsford s’est imposée comme un site de conservation aussi prisé, ce n’est pas un hasard. À 150 mètres sous la surface, les galeries gardent une température stable autour de 15°C et une humidité relative proche de 55 %, un équilibre idéal pour préserver papier, pigments et matériaux organiques.

À cela s’ajoutent d’autres atouts que peu de bâtiments en surface peuvent offrir. Aucun rayon UV ne pénètre jusque-là, aucune inondation ne menace les rayonnages, et les nuisibles capables d’abîmer des documents fragiles n’y survivent pas, ce qui limite les investissements en surveillance.

L’installation souterraine est colossale, avec une empreinte comparable à environ 700 terrains de football. Cette surface permet d’aménager des kilomètres de rayonnages sans jamais manquer de place, même quand de nouveaux clients viennent y déposer leurs collections.

Des archives nationales aux œuvres d’art, ce que Winsford conserve aujourd’hui sous terre

Parmi les clients les plus prestigieux de DeepStore figurent les Archives nationales britanniques, The National Archives. Elles y occupent plus de 32 kilomètres de rayonnages, soit environ 30 % de l’ensemble des archives publiques du Royaume-Uni, mais ces fonds ne représentaient qu’environ 4 % des consultations enregistrées en 2024-2025.

Au-delà des documents publics, la mine abrite aussi des œuvres d’art, des maquettes d’architectes et des éléments liés au cinéma. En 2022, la licence autorisant le stockage de déchets dangereux sur le site a été prolongée de vingt ans, jusqu’en 2045, confirmant la vocation durable du lieu.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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