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Découverte des premières empreintes fossiles de mammifères antarctiques, vieilles de 54 millions d’années

Un petit carnivore

À une époque lointaine, l’Antarctique abritait une végétation luxuriante et une faune bien plus variée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Des chercheurs y ont récemment découvert les toutes premières traces fossiles de mammifères.

Ancien prédateur antarctique

Remontant au tout début de l’Éocène, il y a 54 millions d’années, ces empreintes préhistoriques proviennent de la formation de Fossil Hill, dans l’archipel du Roi-George, au large de la péninsule antarctique.

Des comparaisons ont permis de confirmer que ces traces, comportant trois coussinets arrondis bien définis, avaient été laissées par un mammifère. Une formule mathématique, basée sur la forme et la profondeur des empreintes, a permis de déduire que l’animal à l’origine des empreintes pesait environ 1,3 kilo.

Comme l’expliquent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Polar Biology, un tel profil a permis d’écarter la possibilité qu’il se soit agi de thériens, anciens mammifères bien plus massifs, de xénarthres, incluant des paresseux terrestres, ou de monotrèmes, dont le plus célèbre représentant est l’ornithorynque.

L’équipe les attribue plutôt à une espèce de sparassodonte, principal clade de mammifères carnivores d’Amérique du Sud, qui aurait possiblement atteint l’Antarctique via un ancien pont terrestre. Sur la base des fossiles trouvés sur l’île antarctique de Seymour, l’animal à l’origine des empreintes aurait pu ressembler à une belette, un blaireau ou une loutre actuels.

Nouvel éclairage

Décrites comme les seuls témoignages d’un « mammifère carnivore métathérien du Cénozoïque en Antarctique », ces traces pourraient également être celles du dernier groupe de vertébrés terrestres à avoir évolué sur le continent avant son grand refroidissement. Elles suggèrent également que les mammifères préhistoriques sud-américains auraient atteint les hautes latitudes dès le début du Paléogène (66 à 23 millions d’années).

« Jusqu’à présent, la formation de La Meseta, située dans ce même bassin, était le seul site antarctique à avoir livré des restes de vertébrés terrestres continentaux non carnivores », souligne Héctor Mansilla Vera, de l’Institut antarctique chilien. « En plus de combler une lacune de longue date dans les archives fossiles, elles approfondissent notre compréhension des réseaux trophiques juste avant sa glaciation. »

Plus tôt cette année, le réexamen du premier fossile de dinosaure jamais trouvé en Antarctique avait révélé qu’il appartenait à un titanosaure mesurant entre 6 et 7 mètres de long.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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