
Il ne fait aucun doute que les os du talon des Néandertaliens étaient bien plus épais que ceux des populations humaines actuelles. De nouvelles recherches lient cette différence au port de chaussures et à un mode de vie essentiellement sédentaire.
Des calcanéums bien différents
Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont comparé les caractéristiques morphologiques de sept calcanéums néandertaliens à ceux de 64 Homo sapiens préhistoriques et modernes, parmi lesquels figuraient des chasseurs-cueilleurs du Pléistocène, des agriculteurs de l’âge du fer et des Italiens ayant vécu durant la seconde moitié du XXe siècle. Dans l’ensemble, ils ont constaté que les os du talon des Néandertaliens étaient plus courts d’avant en arrière, mais plus hauts et plus larges que ceux des humains modernes.
Ces adaptations rendaient le pied néandertalien plus flexible mécaniquement, en particulier lorsque ces humains trapus marchaient sur des terrains accidentés. En contrepartie, elles les auraient handicapés pour la course.
Globalement, les os du talon des H. sapiens ayant vécu à des périodes antérieures à l’invention des chaussures présentaient bien plus de similitudes structurelles avec ceux des Néandertaliens que ceux des Italiens modernes. « La largeur et la hauteur du calcanéus de nos cousins disparus étaient essentiellement similaires à celles des chasseurs-cueilleurs et des communautés de l’âge de fer connues pour évoluer pieds nus », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans le Journal of Human Evolution.
En se basant sur les caractéristiques morphologiques observées chez chacune des populations étudiées, les chercheurs suggèrent que les pieds des humains modernes sont probablement moins souples dans leurs mouvements latéraux que ceux de nos ancêtres lointains. Un changement compatible avec l’utilisation de chaussures rigides qui ont tendance à limiter l’éversion (mouvement vers l’extérieur) de l’arrière-pied.

Facteurs génétiques et environnementaux
Ces disparités morphologiques seraient également liées à la stature des Néandertaliens, et leur constitution plus robuste, exerçant des contraintes plus importantes sur le squelette. « Il s’agit sans doute du résultat d’un ensemble complexe de facteurs génétiques et environnementaux, notamment liés au mode de vie », notent-ils.
Des calcanéums beaucoup plus graciles caractérisent quant à eux exclusivement les populations humaines sédentaires et postindustrielles, en raison du port de chaussures modernes, de distances couvertes à pied réduites et de sols arpentés beaucoup plus réguliers.
L’an passé, une étude s’était penchée sur les causes génétiques des visages beaucoup plus épais des Néandertaliens.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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