
En examinant les données spectroscopiques du télescope spatial James-Webb, des astronomes ont détecté la signature spectrale d’une substance mystérieuse, à la fois sur Titan et Pluton.
Des profils bien différents mais des atmosphères similaires
Située dans la ceinture de Kuiper, au-delà de l’orbite de Neptune, Pluton est une planète naine d’un diamètre inférieur à celui de la Lune et largement recouverte de glace. Plus grand satellite naturel de la géante gazeuse Saturne, Titan constitue quant à lui l’une des cibles privilégiées pour l’étude de la chimie prébiotique et la recherche de conditions potentiellement favorables à la vie.
À première vue, ces deux mondes semblent bien différents (bien plus froide que Titan, Pluton possède également une atmosphère environ 15 000 fois moins dense). Pourtant, les compositions chimiques de leurs enveloppes respectives se révèlent remarquablement similaires.
« Leurs atmosphères sont dominées par l’azote et le méthane, et on observe dans les deux cas des précipitations semblables à de la neige qui peuvent s’accumuler à leur surface », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, prépubliée sur le serveur arXiv.
La spectroscopie consiste à étudier les longueurs d’onde de la lumière qui sont absorbées, réfléchies ou émises par un objet, afin d’en déduire la composition. Dans ce cas, l’analyse des données collectées par James-Webb a révélé une bande étroite et inhabituelle de lumière infrarouge absorbée par un matériau présent à la fois à la surface de Titan et de Pluton.

Pas de correspondance étroite établie
L’équipe a minutieusement comparé cette caractéristique spectrale à une multitude d’autres identifiées lors d’observations astronomiques antérieures ou issues d’essais en laboratoire et correspondant à des composés chimiques ou des formes de glace susceptibles de se former sur ces deux corps célestes.
Si aucune ne correspondait étroitement, les signatures qui s’en rapprochaient le plus suggèrent qu’il pourrait s’agir d’un composé relativement complexe, peut-être mélangé à d’autres molécules. Il est également probable que la taille des grains varie entre Pluton et Titan, ce qui pourrait expliquer le spectre sensiblement plus large détecté sur la première.
La prochaine étape consistera à analyser les nouvelles données de Webb, afin de préciser la composition et la géologie de surface de Titan et de localiser plus précisément la mystérieuse substance. Devant se poser sur la lune géante de Saturne en 2034, la sonde Dragonfly de la NASA pourrait également permettre d’élucider ce mystère.
L’an passé, des chercheurs avaient exploré la possibilité de rejoindre Titan en 220 jours seulement, grâce à la fission nucléaire.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
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