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Le centre de contrôle des mouvements du cerveau pourrait avoir joué un rôle clé dans notre évolution

Présente chez l’ensemble des animaux pourvus d’une colonne vertébrale, cette région avait été largement négligée par les neuroscientifiques

— SciePro / Shutterstock.com

De nouvelles recherches menées par des scientifiques américains ont suggéré que la clef de l’évolution humaine se trouvait peut-être littéralement au fond de notre cerveau, et ce, depuis le départ.

Une région cérébrale souvent négligée

Dans la cadre de travaux récemment publiés dans la revue PLoS Genetics, Elaine Guevara et ses collègues de l’université Duke, en Caroline du Nord, ont constaté que certaines des plus grandes différences biochimiques entre le cerveau humain et celui d’autres primates se trouvaient dans le cervelet. Cette découverte vient s’ajouter aux preuves croissantes que les modifications de cette région cérébrale ont joué un rôle crucial dans la formation de l’esprit humain.

Situé à l’arrière du cerveau, le cervelet est impliqué dans le contrôle des mouvements et présent chez l’ensemble des animaux pourvus d’une colonne vertébrale. Selon les auteurs de l’étude, cette région avait souvent été négligée dans les études sur l’Évolution.

« Il n’est pas propre à l’Homme », avance Guevara. « C’est pourquoi les neuroscientifiques cherchant à expliquer l’évolution de notre cerveau ont eu tendance à se concentrer sur le cortex [épaisse couche externe de la partie antérieure du cerveau], et plus particulièrement le cortex préfrontal, qui sous-tend notre capacité à décider consciemment des actions à entreprendre. »

Une poignée de travaux menés ces dernières années ayant affirmé que le cervelet avait subi des modifications plus importantes qu’on ne l’estimait au cours de l’évolution humaine, l’équipe de Guevara a étudié des échantillons de cervelet de cortex préfrontal (prélevés sur des cerveaux humains, de chimpanzés et de macaques rhésus) au niveau moléculaire. Leur principal objectif étant de déterminer quelles parties de l’ADN extrait de ces deux régions cérébrales étaient liées à de petites molécules connues sous le nom de groupes méthyles.

Il y a quelques semaines, des chercheurs britanniques avaient mis en évidence le mécanisme moléculaire responsable de la différence de volume frappante entre le cerveau des humains et celui des grands singes — Great Pics – Ben Heine / Shutterstock.com

Des schémas de méthylation révélateurs

La méthylation est un exemple d’une influence dite épigénétique sur nos gènes. Ses schémas reflètent les gènes qui ont été actifs et inactifs au cours de la vie d’un animal, et ils varient selon les parties du corps et les espèces. Les analyses réalisées ont mis en évidence un schéma de méthylation de l’ADN humain différent de celui des chimpanzés et des macaques, avec une différence entre les espèces plus marquée au niveau du cervelet que du cortex préfrontal, suggérant davantage de changements dans celui-ci au cours de notre évolution.

« On ne sait pas exactement à quoi servaient les changements de méthylation », estime Guevara. « Mais il existe des indices intrigants. Certains des gènes pour lesquels les schémas de méthylation cérébelleux étaient différents sont connus pour leur rôle dans la modification de l’intensité des connexions entre les neurones, un processus considéré comme important pour l’apprentissage. »

« Certains de ces gènes sont également associés à des différences de développement neurologique, comme l’autisme, et à des troubles neuropsychiatriques, comme la schizophrénie, deux phénomènes qui pourraient être propres à l’Homme ou du moins plus fréquents chez ce dernier », conclut la chercheuse.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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