Finalement, il n’y aura pas de caméras de surveillance dans les abattoirs français…

La vidéosurveillance ne s’invitera sans doute pas dans les abattoirs français. Mesure pourtant adoptée par l’Assemblée Nationale en janvier 2017, elle n’apparaît pas dans le projet de loi du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Stéphane Travert. Pour autant, ce dernier prévoit de durcir les peines à l’encontre de ceux qui maltraitent les animaux.

 

Une mesure pourtant votée à 28 voix contre 4

Portée par le député PRG (Parti Radical de Gauche) Olivier Falorni, la mesure avait pourtant été votée, en janvier 2017, à 28 voix pour et 4 voix contre. Le projet prévoyait notamment d’introduire la vidéosurveillance dans les abattoirs, où le traitement inhumain des animaux fait polémique.

Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, a ainsi déclaré préférer former les employés des abattoirs plutôt que d’instaurer des caméras de surveillance dans ces « maisons de l’horreur ». « Aujourd’hui, il n’est pas question de mettre des agents derrière des écrans de télé qui ne donnent d’ailleurs pas toute la réalité de ce qu’est la vie d’un abattoir en permanence », a-t-il déclaré au micro de BFMTV le 28 janvier.

 

Un renforcement des sanctions

Pour autant, l’abandon de cette mesure phare ne signifie pas la mort du projet de M. Falorni. Stéphane Travert souhaite, en plus d’une formation accrue des employés, doubler les peines qui concernent la maltraitance animale, et ce, même dans les abattoirs. « Les pouvoirs d’enquête et de contrôle des agents chargés de la protection de la santé, de la protection animale et de la sécurité sanitaire des aliments sont renforcés », peut-on également lire sur le site du ministère.

Autre mesure : les militants qui signalent des cas de maltraitance ou bien les salariés d’abattoir voulant dénoncer leurs conditions de travail auront droit au statut de « lanceur d’alerte », et pourront ainsi se constituer partie civile. Effraction ou viol de la vie privée ne seront plus des motifs de poursuite.

Stéphane Travert.

 

Initialement, une promesse d’Emmanuel Macron

L’abandon des caméras de surveillance dans les abattoirs a le don de passablement énerver Olivier Falorni, à l’origine du projet. Il déclare : « Mon projet de loi tenait sur deux jambes. Il reprend mot pour mot ma proposition, d’alourdir les sanctions. Mais supprime les caméras qui sont les seuls outils capables d’établir le délit et d’apporter des éléments de preuves. Une incohérence hypocrite… »

Et de continuer : « Alors, avec ce texte, c’est comme si le gouvernement prévoyait d’alourdir sévèrement les excès de vitesse, tout en supprimant tous les radars… (…) ». Jusqu’ici, les faits de maltraitance animale dans les abattoirs n’ont été relevés que par l’action d’associations, telles que L214, caméras au poing. Le député préfère donc confier cette vidéosurveillance à un « cadre légal et réglementé, à l’inspection vétérinaire, en redonnant à l’État son vrai rôle de contrôle et de surveillance. »

Et le député rappelle d’ailleurs qu’Emmanuel Macron, avant son élection, avait assuré aux associations de défense des animaux que la « vidéosurveillance dans les abattoirs (…) sera mise en place ». Une promesse, encore une fois, non tenue… Pour autant, le député a annoncé qu’il déposerait un amendement pour instaurer de nouveau le contrôle vidéo obligatoire. Pour connaître le fin mot de l’histoire, il faudra attendre que le projet de loi soit présenté à l’Assemblée…


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