Le maire de Gajac en Gironde, Bruno Dionis du Séjour, vient de faire la demande à l’Unesco pour y inscrire plusieurs chants d’animaux, dont celui du coq. Il souhaite les faire intégrer au patrimoine immatériel de l’Unesco, considérant que ce sont de véritables emblèmes français et symboles nationaux, et qu’il est de notre devoir de les préserver.

Faire la défense des bruits de la campagne

À travers une lettre ouverte écrite en mai aux parlementaires français, l’élu de Gironde s’est prononcé pour que les bruits ruraux soient inscrits au patrimoine national. Selon lui, il faudrait “que le chant du coq, l’aboiement familier du chien, la cloche de l’église, le meuglement des vaches, le braiment de l’âne et le pépiement des oiseaux soient proclamés patrimoine national”.

Le maire souhaite réagir à plusieurs faits divers de ces dernières années, qui visaient à réduire le bruit de la campagne de diverses manières. Les nouveaux habitants des grandes villes ou en provenance de ces dernières sont de plus en plus dérangés par les cloches de la ville ou les bruits des animaux, bien différents d’une capitale. L’élu se demande “pourquoi certains refusent de s’adapter” à une vie rurale, qui ne doit pas tourner à l’homogénéisation avec celle urbaine.

À titre d’exemple, des habitants en Dordogne ont été obligés, par la justice, de combler leur mare. La raison frôle le ridicule puisque des batraciens, qui étaient donc dans cette étendue d’eau, avaient été considérés par les voisins comme beaucoup trop bruyants. Également, comme nous le rapportent nos confrères du Parisien, la propriétaire d’un coq a été convoquée par le tribunal de Rochefort, ce 6 juin, car des voisins vacanciers l’ont jugé « trop bruyant ».

S’appuyer sur la loi et l’Unesco

Bruno Dionis explique pouvoir compter sur le soutien de plus de 30 maires de la communauté de communes du Bazadais, ainsi que Laurence Harribey, la sénatrice PS de la Gironde. Également, son initiative pourrait s’appuyer sur une bonne partie des habitants du monde rural.

En effet, il souhaite à terme empêcher formellement l’interdiction de n’importe quel bruit correspondant à la campagne française, qui pourrait survenir par une loi ou des actions individuelles. En s’appuyant également sur l’Unesco et son règlement, il rappelle que l’article 11 de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco stipule “qu’il appartient à chaque État partie de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel présent sur son territoire”.

Le maire explique qu’il a déjà envoyé une demande au ministère de la Culture afin d’appuyer son initiative. Au total, il souhaite que “le chant du coq, le meuglement de la vache, le braiment de l’âne, les aboiements du chien, le pépiement des oiseaux et le son des cloches” soient classés au patrimoine culturel immatériel de la France. Si ces catégories de bruits obtiennent ce classement, les agriculteurs y trouveront une garantie de ne pas se retrouver devant un tribunal à cause d’une telle plainte.

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Unissons nous pour cette merveilleuse idée!!