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Jair Bolsonaro est accusé, par une coalition de plus de 60 organisations, de crime contre l’humanité et de génocide pour sa gestion de la crise du coronavirus. Le président brésilien aurait effectivement encouragé la prolifération du virus tout en refusant de protéger les minorités. L’Amérique latine et les Caraïbes sont pourtant devenues les régions les plus grièvement touchées en nombre de cas par le Covid-19.

Jair Bolsonaro continue de nier la gravité de la pandémie

Alors que l’Amérique latine et les Caraïbes sont désormais devenues les régions comptant le plus grand nombre de cas de coronavirus, “Jair Bolsonaro continue de nier la gravité de la pandémie”, comme l’indique une plainte déposée le dimanche 26 juillet dernier par une coalition de plus de 60 organisations, devant la Cour pénale internationale de La Haye. Cette coalition, dont la majeure partie est constituée de professionnels de santé, soit plus d’un million de soignants sous la direction du réseau des syndicats UniSaúde, l’accuse de crime contre l’humanité et de génocide pour sa gestion de la pandémie, comme l’a rapporté El país.

Selon cette plainte, Jair Bolsonaro aurait “commis un crime contre l’humanité en encourageant des actions qui augmentent le risque de prolifération du coronavirus et en refusant de mettre en oeuvre des politiques de protection des minorités”. Celle-ci met également en avant des “failles graves et mortelles” de la réponse du pays à la crise sanitaire gérée par Jair Bolsonaro. Les plaignants considèrent de surcroît que le président brésilien “n’a jamais tenu compte des recommandations”.

La politique de Bolsonaro dénoncée

Si cette plainte dénonce la gestion de la pandémie par Jair Bolsonaro, elle dénonce également la politique du président. En effet, la coalition insiste sur le fait que le président ne prend pas en compte les avis scientifiques depuis quatre mois et encourage la reprise des activités, favorise les regroupement et fait la promotion de la chloroquine. “Cette attitude de mépris, de négligence, de négativisme a eu des conséquences désastreuses, avec une conséquente augmentation de la diffusion du virus, un étranglement total des services de santé qui se sont retrouvés sans les conditions minimales pour fournir une assistance aux populations”, précise notamment la plainte. 

Le président Bolsonaro fait une campagne permanente contre les mesures d’isolement social, de protection, de soutien aux groupes les plus vulnérables”, a rapporté à Radio France internationale Márcio Monzane, secrétaire régional d’UNI Americas, une des organisations mobilisées. 

En dénonçant la politique de Jair Bolsonaro, les plaignants font surtout allusion à une décision prise par celui-ci début juillet : il avait opposé son veto à l’obligation du gouvernement fédéral de garantir l’accès à l’eau potable des populations autochtones. Les professionnels de santé l’accusent de génocide concernant cela. 

Une dénonciation du manque de moyens des soignants

Au moyen de ce texte, les plaignants dénoncent de surcroît les départs successifs de deux ministres de la Santé brésiliens : Luiz Henrique Mandetta le 16 avril puis Nelson Teich le 15 mai. Ils critiquent alors le fait que les principales places du ministère soient à présent occupées par des militaires, n’ayant pas de formation médicale ou d’expérience dans le domaine de la santé. 

Finalement, grâce à cette plainte, ils peuvent dénoncer leur propre situation : les soignants manquent cruellement d’équipements de protection, surtout de masques, et s’inquiètent sur le taux de mortalité parmi les professionnels de santé. “Nous comptons déjà plus de 500 morts parmi les professionnels de santé à cause du coronavirus. C’est un chiffre assez élevé et effrayant”, a déploré Márcio Monzane.

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