armes à sous-munitions
— Photo Nature Travel / Shutterstock.com

Les armes à sous-munitions sont des munitions conçues pour libérer de petites bombes ou « bombettes » lors de leur explosion, étendant ainsi leur impact sur une zone cible. Bien que leur utilisation soit interdite, ces armes restent au centre d’une controverse internationale. Récemment, les États-Unis ont annoncé leur intention de fournir à l’Ukraine un nouveau paquet d’aide militaire comprenant une grande quantité d’armes à sous-munitions, suscitant une condamnation généralisée. 

Des munitions améliorées pour étendre l’impact

Une arme à sous-munitions est une arme qui contient plusieurs “bombettes”, qui sont éjectées en l’air et qui se répartissent sur une vaste zone. Ces bombes explosent ensuite au sol, provoquant des destructions importantes aux ennemis et à leurs infrastructures. Ces armes sont utilisées pour augmenter la portée et la puissance de l’artillerie, en rendant difficile pour les ennemis de se protéger ou de se cacher.

Les armes que les États-Unis vont livrer à l’Ukraine sont des munitions conventionnelles améliorées à double usage (Dual-Purpose Improved Conventional Munitions – DPICM), notamment des obus pour les canons de 155 mm. Ces obus peuvent atteindre jusqu’à 28 kilomètres avant de libérer leurs bombes sur la zone visée.

armes à sous-munitions
— © aick / Wikimedia Commons

La controverse des armes à sous-munitions

La controverse entourant les armes à sous-munitions provient principalement de leur impact après la guerre. Certaines bombes à sous-munitions n’explosent pas lors de l’impact initial, laissant derrière elles des munitions non explosées sur le terrain. 

Ces engins non explosés posent une menace sérieuse pour les civils et les équipes de déminage, entraînant des pertes civiles pendant de nombreuses années après la fin du conflit. De plus, ces armes rendent le paysage dangereux pendant de nombreuses années, entravant le développement économique et social des régions touchées.

Selon la Cluster Munition Coalition, au Laos, entre 9 et 27 millions de sous-munitions non explosées datant de la guerre du Viêt Nam continuent de causer des victimes, dont de nombreux enfants, même des décennies après le conflit. C’est pourquoi plus de 100 États dans le monde ont signé la Convention sur les armes à sous-munitions, qui interdit l’utilisation, la production, le stockage et le transfert de ces armes, bien que ni les États-Unis ni l’Ukraine ne soient signataires de ce traité.

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— © Seabifar / Wikimedia Commons

Débats concernant les armes à sous-munitions

La Russie a fait un usage régulier et controversé d’armes à sous-munitions lors de son invasion de l’Ukraine, malgré les préoccupations éthiques. Le groupe Human Rights Watch affirme que l’Ukraine a également utilisé des armes à sous-munitions en 2014 lors de la guerre du Donbass, et qu’elle les a également utilisées dans la guerre actuelle, bien que cela n’ait pas été confirmé. Ces utilisations controversées ont suscité la condamnation de la communauté internationale et des groupes humanitaires, mettant en évidence les dangers pour les civils et les possibles violations des règles humanitaires internationales.

Les États-Unis ont justifié leur intention de fournir des armes à sous-munitions à l’Ukraine en soulignant que celles-ci seraient nécessaires pour se défendre contre l’invasion russe, et que leurs armes à sous-munitions sont considérées comme plus sûres que celles utilisées par les forces russes.

« La Russie utilise des armes à sous-munitions de manière indiscriminée depuis le début de cette guerre pour attaquer l’Ukraine », a déclaré Colin Kahl, sous-secrétaire à la politique de Défense, lors d’une conférence de presse. « L’Ukraine, quant à elle, tente d’acquérir des armes à sous-munitions pour protéger son propre territoire. » 

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