Trechalea extensa immergée — © Lindsey Swierk

Des chercheurs américains ont récemment découvert qu’une espèce d’araignée utilisait un film d’air pour rester immergée pendant des périodes prolongées et ainsi échapper à ses prédateurs.

Une première chez un arachnide

Publiés dans la revue Ethology, ces travaux menés par Lindsey Swierk et ses collègues de l’université de Binghamton se sont concentrés sur l’espèce tropicale Trechalea extensa, capable de former et de maintenir un film d’air (donnant l’impression que l’animal a été plongé dans un bain d’argent) qui lui permet de rester immergée pendant environ une demi-heure.

Si une telle capacité avait été documentée l’année dernière chez une espèce de lézard du Costa Rica, pouvant se maintenir sous l’eau pendant plus de 15 minutes, c’est la première fois qu’elle est observée chez un arachnide.

« Pour beaucoup d’espèces, se mouiller et se refroidir se révèle presque aussi risqué que de devoir affronter des prédateurs », souligne Swierk. « Les araignées Trechalea n’étaient pas connues pour se cacher sous l’eau afin d’échapper aux menaces, encore moins pendant une période aussi longue. »

L’équipe pense que les poils duveteux et hydrophobes qui recouvrent le corps de l’araignée l’aident à maintenir cette fine pellicule d’air lorsqu’elle est immergée, permettant d’éviter la perte de chaleur corporelle ou d’empêcher que l’eau ne pénètre dans ses organes respiratoires.

— Teo Tarras / Shutterstock.com

Trouver le meilleur compromis

Selon Swierk, il s’agit d’un exemple supplémentaire des mécanismes ingénieux déployés par de nombreuses espèces pour améliorer leurs chances de survie (de récents travaux ont notamment montré que certaines araignées mâles se catapultaient pour échapper au cannibalisme sexuel).

« Ces araignées, comme tout animal tentant d’échapper à ses prédateurs, doivent trouver le meilleur compromis », explique la chercheuse. « Pour certaines espèces, cela signifie laisser un territoire ou des partenaires sans surveillance, ou peut-être dépenser les réserves énergétiques durement acquises au cours d’un sprint. »

« Chez Trechalea extensa, les risques potentiels de l’immersion prolongée incluent la perte thermique due à l’eau froide du courant et la noyade, mais il y a sans doute encore beaucoup à découvrir », conclut-elle.

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