Le magnifique perroquet popularisé par le film Rio a disparu des forêts amazoniennes

Via le personnage de Blue, le perroquet de la saga « Rio », le public a pu découvrir l’Ara de Spix, une espèce très rare. Cependant, le scénario du film est devenu réalité : l’espèce est officiellement éteinte à l’état sauvage. Une nouvelle qui alerte la communauté scientifique d’autant plus que beaucoup d’autres oiseaux semblent aussi condamnés à disparaître.

QUELLE EST L’ORIGINE DE CETTE EXTINCTION À L’ÉTAT SAUVAGE ?

Comme de nombreuses espèces à l’heure actuelle, l’Ara de Spix a disparu car son environnement a été largement détruit. Cette espèce de perroquet peuplait auparavant les forêts du Brésil et de l’Amérique du Sud continentale. Ces dites forêts sont largement exploitées par les hommes, entraînant une déforestation massive et une diminution de l’habitat des aras de Spix.

Si les disparitions d’espèces animales se multiplient, la cause de leur extinction ne se trouve plus dans la nature. Par le passé, la chasse, les pièges ou les prédateurs envahissants ont été les principales raisons de ces déclins. Toutefois, comme le signale Stuart Butchart, scientifique en chef de BirdLife International :

« Les activités humaines sont les moteurs ultimes de presque toutes les extinctions récentes. Il est certain que le taux d’extinction sur les continents est plus élevé que jamais. Et que le taux continuera d’augmenter sans efforts concertés de conservation « 

L’ARA DE SPIX LOIN D’ÊTRE LA SEULE VICTIME

BirdLife International a alerté le monde sur le cas de l’Ara de Spix via une étude publiée dans la revue Biological Conservation, mais elle est loin d’être la seule espèce concernée. Au cours de leur étude, les chercheurs ont évalué la population de 51 espèces d’oiseaux grâce à une nouvelle approche statistique.

Selon leurs analyses, au moins huit espèces d’oiseaux devraient être ajoutées à la liste des extinctions confirmées ou suspectées. Parmi les oiseaux susceptibles d’être éteints à l’état sauvage se trouvent l’anabate d’Alagoas, le Cichlocolaptes mazarbarnetti ou encore le po-o-uli masqué.

DES OISEAUX DÉJÀ DISPARUS DEPUIS LONGTEMPS ?

Pour mener  leurs recherches, l’équipe de BirdLife International a épluché pendant 8 ans rapports d’observations et informations recueillies auprès d’experts de la faune brésilienne. « Il est difficile de déterminer le taux de disparition en raison du décalage dans le temps pour déterminer si une espèce a disparu – il y a donc probablement d’autres espèces perdues au cours des dix ou vingt dernières années que nous ne déclarerons pas éteintes avant quelques années de plus « .

Des espèces animales ont ainsi peut-être disparu sans que nous ne nous en rendions compte mais BirdLife International voit dans ces résultats un outil pour l’avenir. Ces nouvelles connaissances pourront servir à informer les spécialistes, mais aussi les hommes politiques, grâce à la mise à jour de la liste rouge de l’UICN, le guide pratique pour l’état de conservation des animaux. Grâce à ces outils, des actions pourraient voir le jour afin d’éviter que d’autres espèces rares ne soient dans le futur visibles uniquement qu’en captivité.


Tout obstacle renforce la détermination. Celui qui s’est fixé un but n’en change pas.

— Leonard de Vinci