Découverte d’un lien sérieux entre l’appendice et la maladie de Parkinson : une avancée majeure

La maladie de Parkinson est affectée par l’appendice. C’est le résumé et les hypothèses confortées par des neuroscientifiques du monde entier à l’origine d’une étude vaste menée sur près de 1.7 million de patients. Publiée dans la revue Science Translation Medicine, l’étude révèle que les patients qui ont subi une ablation de l’appendice ont jusqu’à 25 % de chance de moins de ne pas être touchés par la maladie de Parkinson.

 

Des liens évidents

La maladie de Parkinson, qui tient son nom de James Parkinson et décrite en 1817, est le second trouble neuro-dégénératif le plus fréquent après la maladie d’Alzheimer. Aussi appelée comme une maladie du vieillissement, elle débute autour des 45 ans et peut être déclaré sur les 30 années qui s’en suivent. Il s’agit d’une maladie neurologique chronique dégénérative, c’est-à-dire une perte progressive du cerveau qui se traduit par un déficit de dopamine dans certaines structures du cerveau. Cela affecte le système nerveux central (responsable de troubles progressifs : mouvements ralentis, tremblements, rigidité et troubles cognitifs). Ses causes restes peu connues bien que des preuves fondées montrent un rôle important que l’intestin en soit en partie grandement responsable.

En effet, aujourd’hui nous savons que c’est dans l’intestin que la maladie de Parkinson se développe en se servant des nerfs pour remonter jusqu’au cerveau. Un fait jugé peu surprenant puisque l’un des premiers symptômes de la maladie est la constipation. Les chercheurs ont aussi remarqué qu’une protéine, la alpha-synucléine (une protéine justement associée à la maladie) se trouvait sous la forme d’amas anormaux dans le tractus gastro-intestinal. Viviane Labrie, auteure principale de l’étude, explique que « bien que sa réputation (l’appendice) soit en grande partie d’être « inutile », l’appendice joue en réalité un rôle majeur, dans notre système immunitaire, dans la régulation de la composition de nos bactéries intestinales et maintenant, comme le montre notre travail, dans l’apparition de la maladie de Parkinson». Comprenons ici que la protéine alpha-synucléine s’accumule dans l’intestin des suite d’une réaction immunitaire aux toxines et aux bactéries.

Néanmoins, il s’agit ici d’une explication difficile à maintenir comme responsable premier de la Parkinson. Etant une maladie à action lente, il faut des années avant de constater que les cellules de dopamine se dégradent à un point tel que le corps subit des tremblements ou une rigidité musculaire. Les chercheurs pensent néanmoins que les dégradations des cellules cérébrales sont liées à la manière dont l’alpha-synucléine se plie et s’agglomère chez certaines personnes. De plus, on peut noter qu’au fil des décennies, l’accumulation de cette protéine est de plus en plus importante ce qui entraîne des interactions entre le cerveau et l’intestin alarmantes. Des preuves solides certes, mais il reste toujours le fait que la lente progression de la maladie est préférable chez des personnes jugées à risque. Ce qui rend les résultats d’études difficiles à obtenir et à interpréter pour des personnes qui ne présente pas de risque au départ.

©youtube/FUTUREMAG – ARTE

 

Vers une meilleure compréhension des causes ?

Récemment, c’est une étude menée par des neuroscientifiques du monde entier qui a conforté deux hypothèses sur les causes probables de la maladie de Parkinson. Pour cela, ils ont associé les détails du PPMI (Parkinson’s Progression Markers Initiatives); il s’agit d’une étude clinique observationnelle permettant d’évaluer de manière exhaustive les cohortes d’intérêts importants en utilisant des techniques avancées d’imagerie, d’échantillonnage biologique et des évaluations cliniques et comportementales, dans le but d’identifier les biomarqueurs de la progression de la maladie de Parkinson. Et les enregistrements du registre national suédois des patients dans le but de chercher d’éventuels liens entre la maladie neuro-dégénérative et les appendicectomies.

L’étude vaste qui s’est étendue sur le suivi de près d’un 1.7 million de personnes montre une différence de près de 20 % de chance de moins d’être sujet à la maladie de Parkinson entre les patients sans appendice et ceux ayant l’appendice intact. Mieux encore, les chercheurs ont poussé la comparaison jusque dans les lieux d’habitations des patients entre les milieux urbains et ruraux et ils ont observé que la différence grimpait jusqu’à 25 % de chance de moins pour les personnes qui n’avaient plus l’appendice.

L’étude ne démontre en aucun point que le fait de retirer l’appendice vous rendra immunisé contre la maladie mais elle ajoute néanmoins de nouveaux éléments dans la compréhension des causes de la Parkinson. Selon Vanessa Fleury, neurologue aux Hôpitaux universitaire de Genève, « Cette recherche conforte deux hypothèses : la maladie de Parkinson débuterait tôt dans le tube digestif, et les facteurs environnementaux, comme l’exposition aux pesticides, ont un rôle dans l’apparition de la pathologie chez les personnes prédisposées génétiquement ».


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