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Il a été mainte fois prouvé que les régimes hypocaloriques peuvent être particulièrement bénéfiques pour notre santé et notre bien-être. Une nouvelle étude vient encore d’apporter de nouvelles preuves sur le sujet, et a notamment élucidé le mécanisme anti-âge associé à une restriction calorique modérée.

Un gène anti-inflammatoire à l’origine de l’effet anti-âge du régime hypocalorique  

Un régime hypocalorique peut être très bénéfique pour l’être humain. Cela peut notamment aider à améliorer l’humeur et même à diminuer les risques de maladies liées à l’âge qui ravagent le corps. Une étude publiée dans la revue Cell Metabolism en 2018 a notamment montré qu’une réduction de l’apport calorique de 15 % sur deux ans peut ralentir le vieillissement et protéger contre des maladies telles que le cancer, le diabète et la maladie d’Alzheimer. Ce n’est donc pas une découverte récente : un régime hypocalorique peut ralentir le processus de vieillissement et augmenter la longévité.

Mais si ce fait a été établi depuis longtemps, le mécanisme à l’origine de cette association n’était pas connu jusqu’à présent. Une nouvelle étude réalisée par les chercheurs de l’université de Yale a cependant réussi à déterminer comment une restriction calorique modérée agit sur le processus de vieillissement. D’après les résultats de l’étude, publiés dans la revue Science, le mécanisme anti-âge du régime hypocalorique serait lié au gène PLA2G7, un gène dont l’expression change avec un régime hypocalorique. Notons qu’un excès de la présence de PLA2G7 a longtemps été associé à des maladies métaboliques et immunitaires, comme le diabète, les maladies cardiovasculaires et certains cancers.

Maintenant, les chercheurs ont démontré que la suppression de ce gène – du moins chez les souris – entraînait des effets semblables à ce que l’on observe généralement avec une restriction calorique. Parmi ces effets, il a été constaté que les souris inhibées au gène PLA2G7 étaient plus résistantes à la prise de poids induite par l’alimentation, présentaient moins de dysfonctionnement du thymus lié à l’âge et présentaient des niveaux inférieurs de biomarqueurs pro-inflammatoires. « Ces résultats démontrent que PLA2G7 est l’un des moteurs des effets de la restriction calorique », a déclaré Vishwa Deep Dixit, auteur principal de l’étude, dans un communiqué.

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Un procédé de recherche laborieux

Pour aboutir à ces conclusions, les chercheurs se sont basés sur les résultats de l’essai clinique CALERIE (Comprehensive Assessment of Long-term Effects of Reducing Intake of Energy), la première étude contrôlée sur la restriction calorique chez des personnes en bonne santé. L’essai consistait notamment à observer les effets à long terme d’une restriction calorique de 25 % chez les participants. Les chercheurs de Yale ont décidé de commencer par analyser le thymus, une glande qui se trouve au-dessus du cœur et qui produit des lymphocytes T. Le choix s’est porté sur cette glande, car elle a tendance à vieillir plus rapidement que les autres organes.

Ensuite, les chercheurs ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour déterminer s’il y avait des différences fonctionnelles entre les thymus de ceux qui restreignaient les calories et ceux qui ne le faisaient pas. Ils ont découvert que les thymus des participants ayant un apport calorique limité avaient moins de graisse et un plus grand volume fonctionnel après deux ans de restriction calorique. Cette constatation a poussé les chercheurs à creuser plus profondément cette piste, notamment au niveau de l’un des gènes qu’ils ont identifiés comme étant potentiellement à l’origine de certains des effets bénéfiques de la restriction calorique. Ce gène était le PLA2G7 et les chercheurs ont expliqué que sa participation dans le mécanisme anti-âge était liée à sa propriété anti-inflammatoire.

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