
Trouvés sur la plupart des continents, les pochoirs de mains constituent l’une des formes d’art rupestre les plus répandues. De récentes recherches ont contribué à éclairer les croyances associées à ceux de deux célèbres sites amazoniens.
Les œuvres de la Serranía de la Lindosa
Datés de 67 800 ans, les plus anciens exemples de tels motifs proviennent de grottes indonésiennes. S’il a été établi qu’ils étaient souvent l’œuvre de jeunes individus, ils semblent également avoir été laissés par des membres éminents de communautés préhistoriques à des fins rituelles.
Dans le cadre de travaux publiés dans la revue World Archaeology, des archéologues se sont penchés sur l’affleurement de la Serranía de la Lindosa, dans l’Amazonie colombienne.
De précédents échanges avec les tribus autochtones avaient révélé que certains des motifs identifiés, remontant à environ 11 000 ans, représentaient des transformations chamaniques. Avec notamment des chefs préhistoriques en état de transe, prenant la forme d’animaux emblématiques des jungles sud-américaines, tels que des jaguars ou des serpents.
Les dernières recherches ont impliqué les sites de Cerro Azul et de Paredones del Potrero. Au total, les scientifiques ont recensé 496 empreintes de mains, dont 348 présentaient des ornements. « 256 comportaient des motifs en spirale, et 84 des motifs linéaires [zigzags ou ellipses] », note l’équipe. La grande majorité se trouvait à plus de 2 mètres du sol, suggérant l’utilisation d’échelles ou d’échafaudages pour les réaliser.
Mujeres en estado / Pregnant women.
— Jorge Carrillo Briceño (@jorgedcb100) September 29, 2024
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La Serranía de la Lindosa. Colombia pic.twitter.com/TQsDPxLO9a
Un nouvel éclairage
Pour préciser leur signification, l’équipe s’est une nouvelle fois tournée vers les membres les plus âgés des communautés locales.
« Selon Ulderico Matapi, qui supervise les rituels de sa communauté, chaque pochoir représente une forme de savoir chamanique essentiel à la gestion du territoire [cultures ou connaissance des plantes médicinales] », écrivent les chercheurs. « Victor Caycedo, ancien des Desana, interprète les différences stylistiques comme l’affirmation de l’identité spirituelle ou sociale de différentes tribus. »
Dans l’ensemble, ces nouvelles informations appuient l’idée que de tels motifs « codifiaient des principes cosmologiques et une autorité rituelle », avec un ancien système de croyances dans lequel « les parois rocheuses constituaient des interfaces symboliques entre le monde réel et le monde spirituel ».
Il y a quelques années, des archéologues avaient examiné un art rupestre péruvien vieux de 2 000 ans, également lié aux pratiques chamaniques.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
Étiquettes: Amazonie, rupestre
Catégories: Actualités, Histoire