Des gens meurent dans l’indifférence à cause des algorithmes de Facebook

Et si le géant des réseaux sociaux avait commis une énorme erreur ? À cause de son algorithme, Facebook n’a pas jugé pertinent de montrer en priorité la publication d’une personne vivant ses derniers jours à l’hôpital. Ses amis, ayant appris la nouvelle trop tard, se retrouvent endeuillés sans même lui avoir dit adieu. Peut-on pour autant blâmer Facebook ?

 

Facebook oublie de mettre en avant l’hospitalisation d’un ami

Pionnier des réseaux sociaux et leader incontesté parmi les internautes, le bébé de Mark Zuckerberg se sert d’algorithmes. Ce sont ces derniers qui décident quelle publication apparaît en premier sur votre fil d’actualité, quelle photo n’est pas à montrer, quelle personne mérite votre intérêt… Mais récemment, le site a commis une boulette.

Le récit de Caryn Vainio, disponible sur Twitter, pourrait bien remettre en cause la validité de l’algorithme du réseau social aux 1,86 milliard d’utilisateurs. Après plus de 15 ans d’amitié virtuelle avec un internaute d’un forum de jeu vidéo, Caryn a appris, par le biais d’un autre ami, qu’il était décédé. Stupeur pour la créatrice d’interface virtuelle, pourtant habituée aux publications Facebook de son vieux camarade.

En allant farfouiller sur son mur, elle découvre que ce dernier avait pourtant bien prévenu de son hospitalisation le mois précédant son décès. Caryn n’avait strictement rien vu sur son fil d’actualité, alors qu’elle l’avait programmé pour qu’il affiche les publications par ordre chronologique, de la plus récente à la plus ancienne. Un réglage censé montrer aux internautes toutes les publications de leurs amis.

« J’ai appris qu’il était mort via un ami en commun sur Facebook. J’étais choqué. Je n’ai JAMAIS vu ça dans mon fil d’actualité. Jamais. »

« Inacceptable »

« Je n’ai pas seulement perdu un ami. Nous [le groupe d’amis virtuel] sommes choqués de n’avoir jamais su pour l’hospitalisation, et nous ne savons même pas s’il était conscient de notre ignorance ». Caryn Vainio continue : « À l’ère où les relations virtuelles sont soi-disant facilitées par les réseaux sociaux, je trouve ça… inacceptable ».

Le plus cynique dans tout ça, c’est que l’exact inverse se produit également sur le réseau social : cette photo, publiée en mémoire d’un fils de 12 ans et resurgissant trois années après sa mort, avait fait un tollé sur la sphère Internet. Il semble clair que Facebook ne maîtrise pas à 100 % son algorithme.

L’algorithme de Facebook, digne de la Matrice ?

 

Facebook dominé par son algorithme

La promesse de Facebook, c’est de sélectionner ce qui semble le plus pertinent pour vous. Autrement dit, pas besoin de fil d’actualité chronologique : le réseau social met en avant ce qui devrait vous plaire, et les publications que vous devriez avoir envie de voir. De ce fait, Facebook remplace mécaniquement vos pensées, en devinant pour vous tous vos centres d’intérêt.

Cela dit, Facebook vous « donne » le choix. En choisissant d’afficher les actualités les plus récentes en premier, vous devriez pouvoir limiter l’influence de l’algorithme. Vous pouvez également choisir quels amis voir en priorité, et définir des listes d’internautes importants pour vous. Mais visiblement, le choix est illusoire : l’algorithme fait toujours effet, quitte à priver les internautes de publications pourtant vitales.

Le problème de cet algorithme, c’est que personne ne sait vraiment de quoi il en retourne. Pour TechCrunch, c’est l’ « engagement » qui est primordial. Ainsi, quatre facteurs sont déterminants : l’auteur de la publication, la date de publication, le nombre d’interactions avec la publication (les « j’aime », les commentaires…) et le type de contenu (photo, texte…). Et il ne faut pas oublier les contenus sponsorisés, payés par leurs auteurs pour apparaître en premier sur votre fil d’actualité. Bref, un beau méli-mélo qu’il est difficile pour Facebook de démêler.

« Je n’aime pas ».

 

Quelles solutions pour le réseau social ?

Pour permettre à Facebook d’arrêter de payer les pots cassés, deux solutions sont possibles : l’éradication pure et simple de l’algorithme, ou un plus grand choix laissé à l’utilisateur. Si la première proposition semble bien mal engagée, la deuxième ouvre un éventail de possibilités bénéfiques pour le réseau social et pour les internautes.

Facebook pourrait instaurer une plus grande classification des contenus en laissant l’internaute décider lui-même du type de l’événement posté. En laissant l’utilisateur notifier que telle ou telle publication correspond à une naissance, à un mariage, ou à une hospitalisation, le réseau social pourrait proposer un fil d’actualité spécialement conçu pour ces événements marquants. Ainsi, plutôt que de développer des outils dignes d’Akinator, Facebook devrait passer plus de temps à demander l’avis des internautes.

Ou alors, plus simplement : au lieu de compter sur Facebook pour vous informer de l’état de santé de vos « amis », passez leur un coup de fil ou allez les voir.

Il est peut-être temps de voir ses amis, comme au bon vieux temps…

3,2 millions de personnes meurent chaque année à cause de la pollution.

— OMS