
En 2020, l’Oregon est devenu le premier État américain à autoriser les thérapies à base de psilocybine. Les dernières données illustrent l’efficacité de l’approche pour le traitement de divers troubles répandus.
Des effets probants
Au cours des trois dernières années, plus de 20 000 personnes ont eu légalement accès en Oregon à une thérapie à base de psilocybine, dispensée dans 26 établissements titulaires d’une licence spécifique. Publiée dans la revue JAMA Network Open, la nouvelle étude a examiné les données de 346 participants, ayant reçu une dose unique de ce composé psychédélique, issu de champignons hallucinogènes, entre novembre 2024 et mars 2026.
Un mois après son administration, 92,2 % de l’échantillon avait déclaré ressentir des effets bénéfiques, et 58,6 % classé cette expérience parmi les 10 plus marquantes de leur vie. Alors que 63 % des participants se disaient satisfaits de cette dernière avant le début du traitement, ce chiffre était passé à 82,3 % trois mois plus tard. En moyenne, les scores obtenus à un test mesurant le niveau de bien-être étaient de 25,3, contre 22,1 initialement.
En matière de bénéfices pour la santé mentale, les scores moyens liés à la dépression sont passés de 9,3 avant traitement à seulement 5,2 douze semaines plus tard, ceux relatifs à l’anxiété de 10,1 à 6,0, et au stress post-traumatique de 14,1 à 10,4.
Au total, seuls quatre participants ont signalé des effets indésirables nécessitant une prise en charge médicale au cours de la période de traitement. Ce qui ne les a cependant pas empêchés de qualifier l’expérience de « très enrichissante », ou de considérer que la thérapie avait « répondu à leurs attentes ».

Une analyse sans précédent
Comme l’expliquent leurs auteurs, ces travaux constituent la toute première analyse portant sur la sécurité et l’efficacité de la psilocybine dans plusieurs établissements.
Si d’autres États américains, incluant le Colorado, et le Mexique ont emboîté le pas à l’Oregon, de nombreuses études devront toutefois être menées avant de pouvoir envisager l’utilisation à grande échelle des psychédéliques à des fins thérapeutiques.
Si la psilocybine est classée comme stupéfiant en France, son potentiel pour le traitement de certains troubles psychiatriques est actuellement exploré dans le cadre d’essais cliniques.
L’an passé, une étude avait révélé que la psilocybine ralentissait également le vieillissement des cellules humaines.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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