
En Catalogne, des archéologues ont mis au jour les vestiges d’un ancien camp romain, pris pour cible lors du soulèvement des populations locales, au premier siècle avant notre ère.
Le camp romain du Collet de Jovell
Cet ancien site romain avait été mis au jour l’année dernière au Collet de Jovell, col pyrénéen situé dans le nord de la Catalogne, près de la frontière avec la France. Parmi les artefacts identifiés, plusieurs projectiles en plomb destinés à des frondes antiques, dont certains portaient les initiales « CND », désignant Gnaeus Domitius Calvinus, gouverneur de la province d’Hispanie en 39 avant notre ère.
Associés à l’analyse de documents historiques, ces éléments ont permis de le relier à la révolte des Ceretani, peuple autochtone ayant opposé une résistance farouche à l’envahisseur romain pendant près de deux siècles. « Ce camp confirme que la conquête de la péninsule ibérique n’a été ni brève ni paisible », précise le communiqué de l’université autonome de Barcelone.
Si, sur la base des écrits de Cassius Dio (150 à 235 de notre ère), on supposait que l’attaque du camp par les Ceretani était bien intervenue en 39 avant notre ère, l’historien romain le situait bien plus à l’ouest de l’actuelle Cerdagne. Ayant finalement échoué, la révolte des locaux a été suivie d’une sévère répression. Gnaeus Domitius Calvinus aurait également ordonné que les soldats romains s’étant enfuis lors de l’assaut soient punis.
Researchers found the remains of a Roman camp from 39 B.C. that was ambushed by locals in what's now Catalonia, Spain. https://t.co/6CgnmKy0KB
— Live Science (@LiveScience) August 3, 2026
Les autres découvertes réalisées au Collet de Jovell comprennent les clous initialement fixés aux semelles des sandales de légionnaires romains, appelées clavi caligae, ainsi que plusieurs fibules (broches en métal utilisées pour attacher les vêtements) et plusieurs pièces de monnaie confirmant les précédentes datations.
La conquête romaine de l’Hispanie
Débarqués sur les côtes méditerranéennes de l’Hispanie en 218 avant notre ère, au cours de la seconde guerre punique, les Romains y ont peu à peu pris pied, poursuivant leur expansion vers l’intérieur des terres après la défaite de Carthage.
Après un peu moins de deux siècles de campagnes militaires et de soulèvements, les guerres cantabriques, menées entre 29 et 19 avant notre ère sous le règne d’Auguste, ont finalement permis à Rome d’étendre son contrôle aux derniers territoires indépendants du nord-ouest de la péninsule.