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Fours à pain, pièces d’or et église : une ville byzantine réapparaît dans le désert égyptien

À Aïn el-Sabil, dans l’oasis de Dakhla, les fouilles ne livrent pas seulement des murs anciens. Rues, église, fours, archives et monnaies dessinent le fonctionnement d’une communauté installée aux marges du désert occidental égyptien, entre héritage romain et monde byzantin.

Un fragment de céramique inscrit est tenu entre des mains poussiéreuses sur un site de fouilles en Égypte.
Un fragment de céramique couvert d’inscriptions à Aïn el-Sabil. Ces ostraca racontent les échanges, les archives et la vie ordinaire d’une cité byzantine vieille de 1 700 ans. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

À Aïn el-Sabil, les archéologues retrouvent une cité organisée autour de rues et d’espaces publics

Dans le désert occidental, le site d’Aïn el-Sabil change l’image d’une oasis isolée. Les vestiges dégagés montrent une agglomération construite en briques de terre crue, avec des rues principales orientées nord-sud et des voies secondaires tracées d’est en ouest.

Cette organisation dessine des îlots d’habitation, des espaces ouverts et des places. Au centre de la cité, une église basilicale se trouve le long d’un axe majeur. En effet, la vie religieuse occupait une position visible dans l’aménagement urbain.

Les fouilles ont aussi révélé les équipements d’une communauté durable : grandes maisons à salles voûtées, cuisines, fours à pain, meules pour les céréales, mais aussi tours de guet et forteresse protégée par des remparts épais.

Les maisons et l’église éclairent la progression du christianisme dans l’oasis de Dakhla

La basilique mise au jour daterait du milieu du IVe siècle après J.-C. Elle ne constitue pourtant qu’un élément d’un ensemble plus large. Deux maisons identifiées par leurs occupants aident à comprendre la place du christianisme dans cette communauté.

L’une appartenait à Tisus, présenté comme diacre de l’Église. L’autre, appelée maison de Tabipus, pourrait avoir servi d’église domestique avant la construction de la basilique, ce qui éclairerait le passage d’un culte privé vers un édifice religieux dédié.

Près de 200 ostraca en copte et en grec documentent les gestes ordinaires des habitants

Aïn el-Sabil se distingue aussi par ses archives. Les archéologues ont retrouvé près de 200 ostraca, ces fragments de céramique utilisés comme supports d’écriture, rédigés en copte et en grec.

Leur contenu évoque des ventes, des achats, des correspondances et des opérations administratives. Ces textes courts donnent accès à une histoire rarement visible : celle des échanges, des biens, des propriétés et des pratiques économiques d’une population installée dans l’oasis.

Le mélange des langues compte autant que les informations elles-mêmes. Le grec restait lié à l’administration et à l’écrit savant, tandis que le copte gagnait du terrain dans la religion et la vie quotidienne.

Les monnaies montrent que cette ville du désert restait reliée aux réseaux de l’Empire

Les fouilles ont livré une série de monnaies en bronze bien conservées, portant des portraits d’empereurs byzantins, des inscriptions latines et des symboles chrétiens. Plusieurs pièces d’or sont aussi associées au règne de Constance II, entre 337 et 361.

Ces monnaies ne datent pas chaque bâtiment avec précision, mais elles montrent qu’Aïn el-Sabil participait à des circuits économiques et administratifs plus larges. L’oasis de Dakhla apparaît ainsi comme un espace connecté, bien loin d’un simple village perdu dans le désert.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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