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Dans la canopée tropicale, des caméras thermiques révèlent une faune nocturne méconnue

Margay, fourmilier soyeux, paresseux, porc-épic...

Kinkajou — © Hughes et al. / Journal of Tropical Ecology 2026 / CC-BY

Les environnements tropicaux denses de l’Amérique du Sud sont réputés pour abriter une faune riche, mais l’observer n’est pas chose aisée. Grâce à des caméras thermiques, des chercheurs en ont récemment obtenu un aperçu rare.

Faune cryptique

Évoluant haut dans la canopée, les mammifères arboricoles sont essentiellement actifs la nuit. Ajoutez à cela un feuillage dense et des environnements souvent difficiles d’accès, et vous comprenez pourquoi nombre de ces espèces figurent parmi les moins étudiées des latitudes tropicales. Afin d’orienter les stratégies de conservation, il est crucial de préciser leurs comportements, plus particulièrement leurs habitudes alimentaires et reproductives.

Avec la démocratisation des systèmes de surveillance domestiques et des drones, les caméras thermiques sont aujourd’hui nettement plus abordables, et c’est vers cette technologie que se sont tournés les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans le Journal of Tropical Ecology.

Distant d’environ 500 mètres, les deux sites choisis se trouvaient dans la réserve naturelle de Cocobolo, au cœur du Panama. L’installation de plateformes surélevées a permis aux chercheurs d’étudier leur faune nocturne pendant plus d’une semaine.

« Dès qu’un mammifère était repéré en mode thermique, l’enregistrement commençait et l’animal était suivi jusqu’à ce qu’il disparaisse du champ de vision de la caméra », détaillent-ils. « Si nécessaire, l’appareil passait en mode vision nocturne pour faciliter l’identification. Bien que notre attention se soit principalement portée sur les espèces arboricoles, des mammifères terrestres ont également été filmés. »

205 heures d’observation

Au cours de ces 205 heures de suivi, ce sont 651 observations, concernant essentiellement des mammifères, qui ont été réalisées. L’équipe a pu identifier 14 espèces arboricoles nocturnes, ainsi que 11 espèces terrestres.

Parmi celles-ci figuraient un kinkajou se prélassant sur une branche, un margay furetant dans la litière de feuilles, un couple de porcs-épics andins en pleins ébats, un oppossum laineux aux aguets et même un fourmilier soyeux visiblement affamé.

Notant que la plupart d’entre eux ne semblaient pas perturbés par leur présence ou celle des caméras, les scientifiques estiment que l’expérience pourrait être prochainement étendue, afin d’en apprendre davantage sur cette faune définitivement discrète.

Plus tôt cette année, une étude avait révélé que de nombreux animaux utilisaient les mêmes latrines naturelles dans la jungle costaricienne.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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